Le géant du tabac British American Tobacco (BAT) a annoncé le 29 juin la suppression de 5 400 emplois dans le monde, soit environ 5,7 % de ses effectifs totaux. Cette décision s'inscrit dans un plan de restructuration visant à réduire les coûts et à simplifier l'organisation de l'entreprise.
Une restructuration mondiale
Les suppressions d'emplois concerneront principalement les fonctions de soutien et les niveaux hiérarchiques intermédiaires. BAT, qui employait environ 95 000 personnes fin 2022, prévoit de réaliser des économies annuelles de l'ordre de 300 millions de livres sterling (environ 350 millions d'euros) d'ici 2025. Le groupe a précisé que les licenciements seront mis en œuvre progressivement sur les deux prochaines années.
Cette annonce intervient dans un contexte de baisse de la consommation de cigarettes traditionnelles dans les pays développés, poussant les fabricants de tabac à se tourner vers des alternatives comme les cigarettes électroniques et les produits chauffés. BAT, propriétaire des marques Lucky Strike, Dunhill et Camel, a investi massivement dans ces nouveaux produits, mais doit faire face à une concurrence accrue et à des réglementations de plus en plus strictes.
Un plan de transformation
Le directeur général de BAT, Jack Bowles, a déclaré : « Nous devons simplifier notre organisation pour être plus agiles et plus efficaces. Ces changements sont nécessaires pour assurer la pérennité de notre entreprise dans un marché en mutation. » Le groupe a également indiqué qu'il allait regrouper certaines de ses activités et réduire le nombre de ses sites de production.
Les syndicats ont exprimé leur inquiétude face à ces suppressions d'emplois, notamment au Royaume-Uni où se trouve le siège social de l'entreprise. Un porte-parole du syndicat Unite a déclaré : « C'est un coup dur pour les travailleurs. Nous allons demander des garanties sur les conditions de départ et le soutien aux employés concernés. »
Impact sur le marché
L'action BAT a légèrement progressé à la Bourse de Londres après cette annonce, les investisseurs saluant les efforts de réduction des coûts. Cependant, l'entreprise doit également faire face à des défis juridiques, notamment aux États-Unis où elle est impliquée dans des litiges liés aux risques sanitaires du tabac.
Cette restructuration s'ajoute à une série de plans similaires dans l'industrie du tabac. En 2021, son concurrent Philip Morris avait annoncé la suppression de 2 500 emplois, tandis qu'Imperial Brands avait réduit ses effectifs de 1 000 postes en 2020.



