Le projet de restauration écologique de la Brague à Biot, financé à 70 % par l'Union européenne, est critiqué par l'opposition municipale, qui dénonce la gestion des embâcles et la pollution de l'eau. Le maire Jean-Pierre Dermit répond aux attaques et détaille les travaux prévus pour les buses de l'autoroute et la station d'épuration des Bouillides.
Des critiques de l'opposition sur la sécurité et la qualité de l'eau
Dans un communiqué, Denis La Spesa, conseiller municipal d'opposition PCF, estime qu'« avoir des rives bien aménagées et sécurisées pour éviter les inondations, c'est important et même primordial ». Il ajoute : « Mais laisser le verrou des buses de l'autoroute retenir les embâcles et attendre une solution dans plusieurs années est beaucoup moins bon. » Il dénonce également « des jolies rives avec au milieu un fleuve complètement pollué car on ne souhaite pas agir sur les deux stations d'épuration qui déversent régulièrement leurs excréments et autres produits nocifs pour la faune et la flore dans la Brague ».
« Alors, quelques que soient les financements, il est urgentissime de s'occuper de l'ensemble de l'essentiel », conclut l'élu. Ces critiques interviennent alors que le programme de restauration de la Brague, lancé après les inondations dévastatrices du 3 octobre 2015 dans les Alpes-Maritimes, se poursuit. Cette catastrophe avait causé des pertes humaines et des dégâts matériels importants à Biot et Antibes.
Le maire répond : « Il mélange les carottes, les salades et les navets »
Jean-Pierre Dermit, maire de Biot, réplique : « Denis La Spesa mélange les carottes, les salades et les navets. » Il rappelle que « 5,5 millions d'euros ont été promis dans le cadre d'un projet Feder visant à sécuriser l'hydraulique » et que les sujets soulevés par l'opposition « n'ont rien à voir ».
Concernant les buses de l'autoroute, le maire précise : « Le ministre des Transports a accordé 2,3 millions d'euros pour qu'une étude sur ces buses soit réalisée. Les préconisations qui en découleront seront intégrées au contrat de concession qui doit être rédigé pour 2032. » Il ajoute : « Nous travaillons sur tous les aspects de la Brague en même temps… Mais il faut laisser du temps au temps. Les sommes à engager sont colossales. Pour les buses, mon estimation est à un demi-milliard d'euros. »
Station des Bouillides : un cahier des charges en cours
Sur la qualité de l'eau, Jean-Pierre Dermit indique qu'un avenant a prolongé la concession de la station d'épuration des Bouillides jusqu'au 31 décembre 2027. La rédaction du futur cahier des charges est en cours et « traitera de trois points : l'augmentation de la capacité du bassin d'orage, la possibilité de faire de la réutilisation sur les golfs de la Provençale et de Mougins (cela permettra de récupérer 200 000 m3 par an qui n'iront pas polluer les Bouillides) et la mise en place d'un traitement tertiaire visant à réduire la pollution ».
Le budget estimé de ce chantier est de 20 millions d'euros. Le maire souligne que le dossier est en cours et que les travaux sur la Brague se poursuivent, avec l'objectif de restaurer les milieux naturels et de réduire la vulnérabilité du territoire face aux inondations.