Effacer la cellulite, booster son immunité ou transformer son sourire, etc. Sur les réseaux sociaux, les conseils santé tombent comme des prescriptions, souvent sans aucun diplôme à la clé. Ces méthodes sont-elles sans risque ? Pour vous aider à soigner votre information, Midi Libre publie son "Diagnostic Web", soit son "ordonnance de vérité". Chaque semaine, des experts passent au scanner les tendances du Web pour séparer le conseil bien-être du danger médical.
Des bandelettes nasales plébiscitées sur les réseaux
"Si tu veux mieux dormir, moins ronfler, que ton entraînement sportif soit plus agréable et efficace, tu dois essayer ça". Ça, ce sont des bandelettes nasales, des sortes de dilatateurs nasaux plébiscités par les sportifs, et depuis plusieurs années adoptés par le grand public. Face à leur succès sur les réseaux sociaux, nous avons demandé au Dr. César Cartier, oto-rhino-laryngologiste et responsable du service ORL du CHU de Montpellier, si ces bandelettes, également appelées nose strips, étaient aussi vertueuses qu’elles n’en ont l’air.
Efficaces, mais pas pour tout le monde
"Le principe de ces bandelettes, qu’elles soient magnétiques ou adhésives, c’est d’essayer d’écarter les ailes du nez, de les maintenir un petit peu ouvertes", résume César Cartier. Le praticien se plaît à faire un parallèle avec une tente : "Il y a un piquet central, la cloison, et des baleines, qui sont les cartilages". Chez certaines personnes souffrant d’un syndrome de la valve nasale, ces cartilages sont plus fragiles. La valve nasale interne tend alors à s’affaisser lors de l’inspiration, ce qui réduit le "flux nasal", l’air inspiré. Ces bandelettes peuvent donc soulager les personnes souffrant de ce syndrome, ou celles qui, avec l’âge, "ont la peau de la muqueuse qui vieillit, les cartilages qui se fragilisent et donc le nez qui se ratatine", poursuit le Dr. Cartier. Elles permettront aussi aux sportifs d’avoir un plus grand débit d’air. Pratique, notamment pour la course.
En revanche, elles ne viendront pas soulager les personnes dont les gênes respiratoires s’expliquent par une déviation de la cloison nasale. "Ça, c’est une gêne mécanique. On aura beau mettre des scotchs, ça ne va rien changer". Elles ne vont pas non plus corriger les difficultés respiratoires des personnes allergiques, car "elles ne vont pas changer l’intérieur du nez", or les difficultés respiratoires en cas d’allergies sont dues à "la muqueuse (qui) s’épaissit" et laisse moins passer d’air, explique César Cartier.
Derrière les symptômes, des pathologies plus graves
Outre une efficacité discutable, César Cartier alerte sur un problème : "Les symptômes qu’elles prétendent traiter – ronflements, respiration difficile – sont peut-être associés à des pathologies plus lourdes qui nécessitent un bilan clinique". Les ronflements, par exemple, "peuvent être associés à une apnée du sommeil, qui a un effet sur la santé, et peut être délétère au niveau cardiaque". Le mieux est donc de considérer ces nose strips comme une "aide ponctuelle" tout en envisageant de consulter un médecin. Il ou elle pourra vous orienter vers des dispositifs dont l’efficacité est scientifiquement prouvée, et qui sont souvent remboursés par la Sécurité sociale, ou vous suggérer d’envisager une opération.



