84 % des étudiantes sages-femmes se sentent stressées plusieurs fois par jour, semaines ou mois, selon une enquête de l'Association nationale des étudiants sages-femmes (ANESF) publiée ce jour. Ce chiffre, en hausse par rapport à 2023, interroge alors que la réforme des études de maïeutique, instaurée il y a trois ans, devait améliorer leur bien-être.
Un stress persistant malgré la réforme
L'enquête, qui a cette année ciblé le premier cycle (les trois premières années), révèle que 79 % des étudiantes décrivent un état de stress persistant, contre 74 % en 2023. « On a du mal à comprendre d'où vient ce stress : est-ce que ce sont les stages plus nombreux, l'évaluation de la formation, ou tout simplement la dureté de la formation ? » interroge Leïla Jamin, porte-parole de l'ANESF.
Maltraitance et discriminations en stage
55 % des étudiantes déclarent avoir subi de la maltraitance en stage. « Les sages-femmes qui nous encadrent sont en sous-effectif, surchargées de travail et n'ont aucune formation à l'accompagnement, explique Leïla Jamin. Elles ne sont pas toujours au point sur les attendus en stage et se retrouvent maltraitantes car les compétences de l'étudiant ne correspondent pas à leurs attentes. »
Par ailleurs, 35 % des étudiants disent avoir été témoins de discriminations, et près de 3 % affirment avoir subi des violences sexistes et sexuelles (VSS) pendant leurs stages. « Ce sont des chiffres percutants et alarmants. Il y a encore du travail à faire pour améliorer le bien-être étudiant, notamment en matière de prévention et de prise en charge », ajoute la porte-parole.
Précarité et isolement
Plus d'un quart des étudiantes exercent une activité rémunérée en parallèle de leurs études pour faire face à leur précarité financière. « Ce sont des étudiantes qui travaillent les week-ends, le soir, la nuit en plus de leur semaine de cours parce que c'est un stress de ne pas savoir comment boucler ses fins de mois », relate Leïla Jamin. 30 % renoncent aux soins médicaux en raison d'un emploi du temps chargé.
Environ 6 % des étudiantes décrivent n'avoir aucun espace pour exprimer leur vécu en stage, et 15 % ressentent un sentiment d'isolement.
Des améliorations encourageantes
Malgré ces difficultés, 98 % des étudiantes éprouvent une certaine fierté à exercer leur métier. Le nombre de places vacantes en deuxième année est passé de 20 % en 2022 à 4,5 % en 2025, et les abandons ont diminué de moitié (27 % contre 50 % en 2023).
L'ANESF appelle à un soutien financier pour les frais de transport et de logement pendant les stages, ainsi qu'à la création d'un statut de maître de stage universitaire pour les sages-femmes. L'accompagnement pédagogique s'améliore : plus de 80 % des étudiantes se sentent soutenues par leur équipe enseignante, contre deux tiers en 2023.



