Vatican excommunie six évêques traditionalistes de la Fraternité Saint-Pie-X
Vatican excommunie six évêques traditionalistes de Saint-Pie-X

Le Vatican a annoncé, le 2 juillet 2026, l'excommunication de six évêques de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX), les accusant de schisme. Cette décision, prise par le pape François, constitue une rupture majeure avec le mouvement traditionaliste, qui n'avait jamais été sanctionné aussi sévèrement depuis 1988.

Une décision historique du Saint-Siège

Dans un communiqué publié par la Congrégation pour la doctrine de la foi, le Vatican explique que les six évêques ont été excommuniés latae sententiae (automatiquement) pour avoir ordonné de nouveaux prêtres sans autorisation romaine, un acte considéré comme schismatique. Les évêques concernés sont les chefs de la FSSPX dans le monde, dont Mgr Bernard Fellay, supérieur général de la fraternité.

Selon le Vatican, ces ordinations illicites ont eu lieu le 30 juin 2026 dans le séminaire d'Écône, en Suisse, fief de la fraternité. Le Saint-Siège avait pourtant multiplié les avertissements depuis plusieurs mois, appelant à la réconciliation. En 2024, le pape avait même accordé une audience à Mgr Fellay pour tenter de désamorcer la crise.

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La Fraternité Saint-Pie-X rejette l'autorité du concile Vatican II

La FSSPX, fondée par l'archevêque Marcel Lefebvre en 1970, conteste depuis ses origines les réformes du concile Vatican II (1962-1965), notamment la liberté religieuse et l'œcuménisme. En 1988, Mgr Lefebvre avait déjà été excommunié pour avoir ordonné quatre évêques sans l'accord de Rome. Aujourd'hui, la fraternité compte environ 600 prêtres et 200 séminaristes dans le monde.

Dans une déclaration publiée sur son site, la FSSPX a qualifié la décision du Vatican de « grave injustice » et affirmé qu'elle continuerait à « défendre la foi catholique traditionnelle ». « Nous ne pouvons pas accepter un concile qui a détruit l'Église », a déclaré Mgr Fellay, cité par l'agence Reuters.

Les conséquences pour l'Église catholique

Cette excommunication marque un durcissement de la ligne du pape François envers les traditionalistes. Depuis son élection en 2013, il avait tenté une approche conciliante, mais les négociations ont échoué en raison du refus de la FSSPX de reconnaître la légitimité du concile Vatican II.

Les experts estiment que cette décision pourrait entraîner une scission définitive au sein de l'Église. « C'est un tournant historique. Le Vatican a choisi la fermeté, mais au risque de perdre une partie de ses fidèles », analyse le père Jean-Michel Castaing, spécialiste du catholicisme traditionnel. Selon lui, environ 200 000 fidèles suivent la FSSPX dans le monde, principalement en France, aux États-Unis et en Amérique latine.

Le Vatican a également annoncé la création d'une commission chargée de recueillir les demandes de réintégration des prêtres et fidèles qui souhaiteraient revenir dans l'Église romaine. Une porte reste donc ouverte au dialogue, mais à des conditions claires : l'acceptation du concile Vatican II et de l'autorité pontificale.

Réactions internationales

La décision a suscité des réactions contrastées. En France, la Conférence des évêques a salué une « décision nécessaire pour l'unité de l'Église », tandis que le gouvernement s'est dit « préoccupé par les divisions religieuses ». Aux États-Unis, des groupes traditionalistes ont organisé des manifestations de soutien à la FSSPX.

Pour le Vatican, l'enjeu est désormais de contenir la contagion schismatique. D'autres mouvements traditionalistes, comme l'Institut du Bon-Pasteur ou la Fraternité Saint-Pierre, qui sont en pleine communion avec Rome, pourraient être tentés de suivre l'exemple de la FSSPX. Le Saint-Siège a donc intérêt à montrer sa détermination.

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