L'UE réautorise temporairement la détection de contenus pédopornographiques
UE : détection temporaire de contenus pédopornographiques

Le 23 juillet 2026, l'Union européenne a adopté un règlement permettant temporairement aux plateformes de messagerie de scanner les messages privés pour détecter des contenus pédopornographiques. Cette mesure, valable jusqu'en 2027, vise à renforcer la protection des enfants en ligne tout en respectant la vie privée des utilisateurs.

Un cadre juridique provisoire

Le règlement, proposé par la Commission européenne, a été adopté après des mois de négociations entre les États membres et le Parlement européen. Il autorise les plateformes comme WhatsApp, Signal ou Telegram à utiliser des technologies de détection automatisée pour identifier les contenus pédopornographiques dans les messages privés. Selon la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, "cette mesure est essentielle pour protéger les enfants contre les abus en ligne, tout en garantissant un équilibre avec le droit à la vie privée".

Des garanties strictes

Le règlement impose des garanties strictes pour éviter les abus. Les plateformes doivent obtenir une autorisation préalable d'une autorité judiciaire indépendante avant de procéder à des scans. De plus, les technologies utilisées doivent être approuvées par l'Agence de l'Union européenne pour la cybersécurité (ENISA). Les données collectées ne peuvent être conservées que pendant une durée limitée et doivent être supprimées après analyse. Selon une étude de la Commission, environ 80 % des contenus pédopornographiques en ligne sont échangés via des messageries chiffrées.

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Réactions mitigées

La décision a suscité des réactions mitigées. Les associations de protection de l'enfance ont salué une avancée majeure. "C'est une victoire pour les enfants victimes d'abus", a déclaré Anne-Claire Pignol, directrice de l'ONG Innocence en Danger. En revanche, les défenseurs de la vie privée, comme l'association La Quadrature du Net, ont critiqué cette mesure, estimant qu'elle porte atteinte au chiffrement de bout en bout. "Ce règlement ouvre la voie à une surveillance de masse des communications privées", a averti son porte-parole, Félix Tréguer.

Prochaines étapes

Le règlement est temporaire en attendant une législation permanente, actuellement en discussion. La Commission européenne doit présenter une proposition de règlement permanent d'ici fin 2027. En attendant, les plateformes devront se conformer aux nouvelles règles sous peine de sanctions financières pouvant atteindre 4 % de leur chiffre d'affaires annuel mondial.

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