Relaxe d'un animateur à Paris : colère des parents et appel réclamé
Relaxe d'animateur à Paris : parents en colère

La relaxe prononcée ce mardi 16 juin au bénéfice d'un animateur de périscolaire, le premier jugé à Paris depuis la multiplication d'accusations pour agressions sexuelles, a provoqué la colère des parents des enfants concernés. Certains de leurs avocats réclament désormais un appel du procureur. Interrogé par l'Agence France-Presse (AFP) sur ses intentions, le parquet de Paris, seul compétent pour demander que le dossier soit examiné par la cour d'appel, n'a pas répondu.

Un comportement jugé « inapproprié » mais pas infractionnel

Dans son jugement, le tribunal correctionnel considère que le comportement du quadragénaire mis en cause était certes « inapproprié », « en décalage avec le positionnement attendu dans le contexte de l'animation scolaire et l'âge des élèves », mais que l'enquête « n'avait pas démontré qu'il relevait d'un caractère humiliant ou dégradant, ni n'avait pour finalité propre la dégradation des conditions de vie des élèves ».

Le tribunal a par ailleurs jugé que « si certains parents ont fait état d'éléments évocateurs de troubles psychologiques chez leurs enfants, les éléments du dossier ne permettaient pas d'attribuer précisément ces troubles au comportement inapproprié de l'animateur, lesquels pourraient davantage résulter du retentissement donné aux faits ».

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« Une très grande incompréhension »

« Dans ce dossier, il semblait qu'il y avait énormément d'éléments qui établissaient que le comportement allait au-delà du comportement inapproprié », a réagi l'avocate de cinq familles, Me Julie Chalumeau, selon qui « cette décision suscite une très grande incompréhension ». La mère de l'une des enfants, Pénélope Ponchelet, s'est pour sa part dite « indignée et en colère », en dénonçant « la lâcheté systémique d'institutions et de tribunaux d'une indulgence coupable ».

La porte-parole du collectif MeetooEcole, Barka Zerouali, a pour sa part comparé cette relaxe à « une gifle pour les familles concernées ». « La justice a relaxé un homme mais elle n'a pas effacé l'incapacité des institutions à protéger les enfants avant qu'un dossier arrive devant un tribunal », a-t-elle ajouté.

Des accusations graves

Lors de l'audience du 5 mai, qui s'était déroulée à huis clos, une peine de dix-huit mois d'emprisonnement avec sursis avait été requise par le procureur à l'encontre de l'animateur. Selon l'accusation, Nicolas G. avait coutume de surnommer certains enfants « la plus belle », « mon cœur », « la délicieuse », « mon bébé d'amour », « mon chaton » ou « mon trésor » en leur imposant de longs câlins, de leur raconter des histoires de viol, de prendre l'une des élèves sur ses genoux ou de toucher la poitrine d'une autre. « Je te ferais des bisous partout si je pouvais », avait-il encore lancé à l'une des fillettes, tel que les enfants l'avaient rapporté à leurs parents.

Les magistrats ont considéré que ces agissements n'étaient pas « constitutifs d'une infraction pénale », en relevant que l'agent municipal aurait néanmoins « dû faire l'objet de rappels à l'ordre » et d'une « formation ». L'agent avait été suspendu en octobre 2024 de l'école où il travaillait, dans le 11e arrondissement, et placé sous contrôle judiciaire.

Une affaire symbolique

L'affaire revêtait un caractère symbolique, étant la première du genre à être jugée, sur fond de multiplication d'accusations d'agressions sexuelles. Le nouveau maire PS de Paris, Emmanuel Grégoire, a reconnu le caractère « systémique » de ces agressions alléguées. Face à l'ampleur du scandale, l'ex-premier adjoint d'Anne Hidalgo a engagé à la mi-avril un plan d'action d'un coût de 20 millions d'euros pour le périscolaire, « priorité absolue » de son début de mandat.

Depuis début 2026, 132 animateurs ont été suspendus, dont 52 pour « suspicions de violences sexuelles ou sexistes ». « La relaxe prononcée aujourd'hui rappelle d'abord que la protection des enfants et l'application du principe de précaution maximal doivent primer sur toute autre considération », a réagi dans un communiqué David Belliard, le maire écologiste du 11e arrondissement, un des épicentres de la crise.

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Le tribunal correctionnel de Paris doit se prononcer le 7 juillet dans une autre affaire d'accusations d'agressions sexuelles de la part d'un animateur de périscolaire. Lors de l'audience du 26 mai, le parquet avait réclamé un an sous bracelet électronique, alors que le mis en cause avait également contesté avoir commis quelque geste répréhensible que ce soit.

Quelques centaines d'animateurs du périscolaire ont en outre manifesté mardi devant l'Hôtel de ville, pour réclamer davantage de moyens dans une profession en « sous-effectif chronique », et dénoncer un « climat de suspicion généralisée ». La mobilisation semblait toutefois en recul par rapport à la précédente, le 19 mai.