L'Assemblée nationale a adopté ce mardi 21 juillet 2026, par 258 voix contre 84, l'instauration de la réclusion criminelle à perpétuité pour les auteurs de viols en série commis sur des mineurs de moins de 15 ans. Ce vote, organisé avant le scrutin final sur l'ensemble du projet de loi relatif à la protection des enfants, a été porté par le gouvernement dans le sillage de l'affaire Lyhanna, une enfant retrouvée morte début juin et dont l'agresseur présumé est soupçonné de l'avoir violée.
Un vote houleux après un premier rejet
Vendredi 17 juillet, la gauche, alors plus mobilisée dans l'hémicycle, avait rejeté cette mesure, dénonçant une disposition répressive visant à masquer le manque de moyens alloués aux enquêtes et à la prévention des violences sexuelles. Les débats ont été particulièrement tendus ce mardi, aboutissant à une adoption à une large majorité. Le texte prévoit que la perpétuité s'appliquera en cas de viol commis sur un mineur de moins de 15 ans, lorsque l'auteur a déjà été condamné pour un viol sur mineur ou lorsque les faits sont commis en série.
Contexte et impact de la mesure
Cette adoption intervient dans un contexte marqué par l'émotion suscitée par l'affaire Lyhanna, qui a relancé le débat sur la sévérité des peines pour les crimes sexuels sur enfants. Selon les chiffres du ministère de la Justice, les viols sur mineurs représentent environ 15 % des viols constatés chaque année en France, avec une augmentation des signalements ces dernières années. Le gouvernement a justifié cette mesure par la nécessité de protéger les enfants et de dissuader les récidivistes. Les opposants, notamment les députés de gauche et certaines associations, estiment que la perpétuité n'est pas une solution efficace et qu'il faut plutôt renforcer les moyens d'enquête et de prévention. Le projet de loi complet sera soumis au vote dans les prochains jours.



