Zéro famille à la rue : Macron sommé de tenir ses engagements
Zéro famille à la rue : Macron interpellé

Alors que la trêve hivernale touche à sa fin, le collectif « Zéro famille à la rue » hausse le ton. Dans une tribune publiée par Libération, les signataires – parmi lesquels figurent des associations, des médecins et des personnalités – interpellent directement Emmanuel Macron. Leur message est simple : « Monsieur le président, tenez enfin vos engagements. » Alors que des milliers de familles vivent dans des conditions précaires, les promesses répétées de l'Élysée n'ont pas été suivies d'effets concrets.

L’échec des promesses présidentielles

Le 15 mars 2017, alors candidat à la présidence de la République, Emmanuel Macron déclarait : « Je ne veux plus qu’il y ait un seul enfant dans la rue à la fin de mon quinquennat. » Cette formule, gravée dans les annales, a rapidement été reprise par ses conseillers. Pourtant, près de dix ans plus tard, la réalité est tout autre. Le collectif rappelle que le nombre d’enfants sans solution d’hébergement n’a cessé d’augmenter, passant de moins de 1 000 en 2017 à plus de 2 000 aujourd’hui, selon le dernier recensement de l’UNICEF.

Les associations pointent également le manque de volonté politique : les plans annoncés pour l’hébergement d’urgence, comme le « plan quinquennal pour le logement d’abord » lancé en 2018, sont restés lettre morte. Les crédits augmentent certes, mais ils sont absorbés par le coût croissant des nuitées d’hôtel, pour des résultats décevants. « L’argent public est dépensé sans aucune stratégie d’ensemble », dénoncent les signataires.

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Des familles en première ligne

Les familles sont particulièrement touchées par la crise du logement. En Île-de-France, des centaines de familles avec bébés sont contraintes de dormir dans la rue, faute de place dans les centres d’hébergement. Les évolutions régulières des règles d’attribution et la saturation des structures d’accueil poussent toujours plus de ménages vers la précarité. Dans la tribune, les signataires écrivent : « Ce n’est pas une vie de dormir sur un trottoir avec un enfant dans les bras. »

Le texte souligne aussi l’absence de coordination entre l’État et les collectivités locales. Alors que les maires sont souvent les premiers à alerter, ils manquent de moyens pour agir. « La politique du logement est un millefeuille inextricable, où la responsabilité de chacun se dilue », ajoutent les associations.

Un plan d’urgence attendu

Face à cette situation, le collectif adresse une série de revendications claires. Il réclame tout d’abord un moratoire sur les expulsions locatives, qui ont augmenté de 7% en un an, selon le ministère de la Justice. Il demande également la réquisition des logements vacants, estimés à plus de 2,7 millions par la Fondation Abbé Pierre. « Il y a assez de logements pour loger tout le monde, mais ils ne sont pas mobilisés », insistent les associations.

Sur le plan structurel, le texte appelle à un investissement massif dans le logement social et à la simplification des procédures d’attribution. Les signataires demandent que l’hébergement des familles soit une priorité absolue, notamment en développant des places dédiées. Ils exigent aussi un plan contre le mal-logement des étudiants et des jeunes travailleurs, premières victimes de la crise du logement dans les grandes villes.

Une mobilisation nécessaire

Le collectif ne se limite pas à dénoncer ; il propose des solutions. Les signataires estiment qu’un budget de 3 milliards d’euros sur cinq ans serait nécessaire pour résorber le sans-abrisme des familles. Ce montant, selon eux, est réalisable : il représente moins de 1% du budget de l’État. « Nous ne parlons pas d’utopie, mais d’un chiffre qui a déjà été proposé par des rapports parlementaires », précisent-ils.

Le mouvement compte bien se faire entendre. Des rassemblements sont prévus dans plusieurs villes, dont Paris, Lyon et Marseille, pour interpeller les pouvoirs publics. Le collectif prévient : si le président ne répond pas rapidement, la mobilisation sera amplifiée, notamment à l’approche des prochaines échéances électorales. « L’opinion publique est de notre côté », conclut la tribune.

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L’heure du choix

En définitive, cette tribune agit comme un ultimatum lancé au chef de l’État. Le collectif rappelle que l’image de la France, terre des droits de l’homme, est ternie par le spectacle de familles dormant sous des tentes à quelques centaines de mètres de l’Élysée. « La France n’a pas le droit de laisser des enfants à la rue. C’est une question de dignité, mais surtout de justice fondamentale », terminent les signataires.

Il appartient désormais au président de répondre à cet appel. Une chose est sûre : la société civile ne laissera pas retomber la pression. Les prochaines semaines seront décisives pour voir si les engagements resteront des promesses, ou si les mots se traduiront enfin en actes.