Les parents d'élèves du collège du Pic Saint-Loup à Saint-Clément-de-Rivière dénoncent l'absence de papier toilette et de savon dans les sanitaires. Selon Cédric Boileau, parent d'élève, la situation persiste depuis la rentrée de son enfant en sixième. L'établissement, qui compte 800 élèves, aurait répondu que le papier n'était pas fourni en raison de risques de bouchage par certains élèves. Les collégiens doivent donc se rendre à la vie scolaire pour obtenir du papier toilette.
Une réponse jugée punitive par les parents
« Depuis que notre enfant a fait sa rentrée en sixième au collège du Pic Saint-Loup à Saint-Clément-de-Rivière, il n’y a pas de papier toilette dans les sanitaires, pas de savon, et pas d’essuie-mains », raconte Cédric Boileau. Il ajoute : « Nous avons interrogé l’établissement et la réponse de la vie scolaire nous a laissés sans voix : il n’y a pas de papier parce que certains élèves s’amuseraient à boucher les toilettes, donc la solution est qu’il faut aller demander du papier toilette à la vie scolaire… Il y a 800 élèves et bientôt la saison des gastros et des virus. En 2026, c’est aberrant. Est-ce que nous, les adultes, on accepterait cela ? »
Cédric Boileau a alerté l’Agence régionale de santé (ARS), l’Élysée et le ministère de l’Éducation nationale. L’association des parents d’élèves FCPE du collège avait déjà soulevé le sujet l’année scolaire dernière. Cécile Lemaire, présidente de la FCPE, explique : « Nous avons eu du mal à nous faire entendre ! On veut bien que le collège soit vétuste, que peut-être des problèmes de canalisations bouchent les toilettes régulièrement, que des enfants commettent des incivilités, mais le résultat est que nos enfants devaient aller demander à la vie scolaire des feuilles de papier, qu’on leur distribuait en les comptant… Au collège, la plupart des filles ont leurs règles, les sanitaires accessibles et propres, c’est nécessaire. »
Le rectorat affirme que les produits d'hygiène sont disponibles
Le rectorat, interrogé par Midi Libre, évoque « des dégradations et incivilités régulièrement constatées l’année dernière dans les sanitaires du collège du Pic Saint-Loup », ce qui a « contraint l’établissement d’adapter à compter de cette rentrée scolaire 2026/27 de nouvelles modalités de mise à disposition des produits d’hygiène ». Selon l’administration de l’académie, dans sa réponse du vendredi 11 septembre, « des distributeurs de savon sont approvisionnés quotidiennement et du papier toilette est mis à disposition à proximité immédiate des sanitaires. En cas de manque constaté durant la journée, des recharges sont disponibles auprès du service de vie scolaire. »
Le rectorat précise que « lorsque des dégradations ou des dysfonctionnements sont constatés sur les équipements, l’établissement intervient afin d’y remédier dans les meilleurs délais ». Le principal du collège demeure « pleinement disponible pour échanger avec les parents d’élèves sur ce sujet et, plus largement, sur toute difficulté rencontrée au sein de l’établissement ».
Un problème récurrent selon la FCPE de l'Hérault
Marie Nikichine, présidente de la FCPE de l’Hérault, estime que le problème des sanitaires est récurrent : « C’est malheureusement un vrai sujet ! Nous avons même organisé un webinaire national en juin dernier sur l’accès aux toilettes dans les établissements scolaires. C’est regrettable que les réponses de l’administration soient toujours dans une réponse punitive. Pour ne pas dire humiliante. Est-ce que les enfants vont traverser la cour avec du papier toilette à la main ? Ils vont plutôt se retenir. Juste après le Covid, la question de l’hygiène avait pourtant été prise très au sérieux. »
La FCPE souligne également que les sanitaires dans les collèges sont parfois sous-dimensionnés par rapport à l’effectif, ce qui peut occasionner des difficultés d’accès pour les élèves. Marie Nikichine rapporte : « Mais on m’a rétorqué un jour au Département, qui est en charge des bâtiments, “on n’a pas d’autres sujets ?” Il existe beaucoup de littérature sur le sujet et trop peu de réponses. Il faut que les parents prennent ces questions à bras-le-corps pour que l’administration des établissements le considère aussi comme un sujet important. »



