Ce mardi, les assistants d'éducation (AED) du Var ont manifesté à Toulon pour dénoncer leur précarité et un manque de reconnaissance. Réunis devant l'inspection académique, ils ont été entendus par le directeur.
Un métier essentiel mais précaire
Jérôme, 44 ans, AED depuis quatre ans et demi dans deux collèges toulonnais, a perdu 7 % de ses heures cette année. « Quel corps de métier accepterait de perdre 200 euros sur sa paye et de se faire virer s'il n'accepte pas ? » s'interroge-t-il. Il dénonce la difficulté d'obtenir un CDI : « Je connais des AED qui sont passés en CDI au bout de six ans, mais pour y arriver, c'est la guerre. Quel autre métier requiert six ans de période d'essai ? »
Une vocation mal récompensée
Dans l'un de ses établissements, on lui a déjà signifié qu'aucun CDI ne lui serait proposé. « Je fais ça par vocation, et j'aimerais que l'on garde ceux qui ont compris le métier, qu'on soit reconnus et revalorisés », confie le Toulonnais. Les AED jouent un rôle crucial auprès des adolescents, souvent confidents et médiateurs.
Des revendications claires
L'intersyndicale demande :
- Une grille salariale nationale
- Des créations de postes
- Un accès à une formation initiale et continue
- Un droit à la mobilité
Olivier Gérard (CGT) et Bruno Combette (SNES-FSU) dénoncent des pratiques illégales : « Des chefs d'établissement prolongent une cinquième année en CDD à condition que l'assistant ne réclame pas de CDI. On demande la même règle pour tout le monde. »
Un besoin de formation accru
Émilie Vandepoel (Unsa Éducation) souligne que « depuis la Covid, le malaise des élèves est plus prégnant, si bien que les AED ont besoin de formations supplémentaires ». Dans l'académie, 1 423 équivalents temps plein exercent ce métier, rémunéré au Smic pour 35 heures. Seuls 20 % des AED sont étudiants dans le Var.
Les syndicats ont été reçus par le nouveau directeur académique Jean-Roger Ribaud, chargé de la gestion des ressources humaines.



