Assistants d'éducation du Gard en lutte contre la précarité
AED du Gard : mobilisation contre la précarité

Ce mardi 2 juin 2026, une petite dizaine d'assistants d'éducation (AED) et de représentants syndicaux se sont rassemblés devant la Direction des services départementaux de l'Éducation nationale (DSDEN) du Gard, à Nîmes. Ils dénoncent des conditions de travail devenues "insupportables" et réclament une revalorisation salariale ainsi que la fin de la précarité qui frappe leur profession.

Des manifestants déterminés

Drapeaux syndicaux brandis sous le soleil de la fin de matinée, les assistants d'éducation ont voulu rappeler une réalité souvent méconnue : celle de personnels indispensables au fonctionnement des établissements scolaires mais dont le statut reste précaire. À l'appel d'une intersyndicale regroupant notamment le SNES-FSU, le SE-Unsa, la CGT Éduc'action, FO, le SNALC et Sud Éducation, les manifestants se sont rassemblés devant la DSDEN avant une audience prévue à 11 heures avec les services de l'État.

Des missions élargies non reconnues

"Les assistants d'éducation ne sont pas rémunérés à hauteur de leurs missions", dénonce Carol Ciampi, conseillère principale d'éducation et représentante du SNES-FSU. Selon elle, les tâches confiées aux surveillants dépassent largement leur cadre initial. "Aujourd'hui, on leur demande de tout faire dans l'établissement : surveiller, remplacer des enseignants absents, animer des ateliers, accompagner les élèves en difficulté…" Un rôle devenu essentiel, notamment face aux problématiques de santé mentale et aux difficultés sociales rencontrées par les jeunes. "Ils sont au plus près des élèves, recueillent leur parole mais n'ont ni la formation ni la reconnaissance correspondante", ajoute un représentant syndical.

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Contrats précaires et salaires bloqués

Au cœur de la mobilisation figure également la question du statut. Pour accéder à un CDI, un AED doit enchaîner six années de contrat à durée déterminée, sans véritable évolution salariale. "Même après le passage en CDI, il faut encore attendre trois ans pour espérer une revalorisation. Cela fait neuf ans sans augmentation", souligne un manifestant. Les syndicats dénoncent aussi les pratiques visant à empêcher certains personnels d'atteindre cette sixième année ouvrant droit au CDI. "À partir de cinq ans, certains ne sont plus renouvelés. Cela crée une pression permanente", regrette Carol Ciampi. À cette précarité s'ajoute un manque chronique d'effectifs. Absences non remplacées, congés maternité partiellement compensés, suppressions de moyens annoncées : les vies scolaires fonctionnent de plus en plus sous tension.

Une audience porteuse d'espoir

Les organisations syndicales réclament notamment la création de postes supplémentaires, une grille salariale nationale permettant une réelle progression de carrière, un accès renforcé à la formation et un droit effectif à la mobilité. À l'issue du rassemblement, les représentants des personnels devaient être reçus par la DSDEN. Une rencontre attendue avec attention par les manifestants. "On ne s'est pas mobilisés pour rien", glissait l'un d'eux avant d'entrer en réunion, déterminé à faire entendre la voix d'une profession qui refuse de rester dans l'ombre.

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