Elles sont décédées dans l'indifférence générale, retrouvées mortes sur la voie publique, dans une cage d'escalier ou une cabane de chantier. Selon un décompte provisoire du collectif Les Morts de la Rue, au moins 929 personnes sans domicile fixe sont décédées en 2025 en France. Un hommage leur sera rendu ce mardi à Paris à partir de midi avec le nom, âge, date et lieu du décès de chacun de ces « sans chez-soi » qui sera lu lors d'une cérémonie dans le 5e arrondissement de la capitale, avant une prise de parole d'élus et de militants associatifs.
Un bilan en hausse
Recueilli à partir des remontées d'une cinquantaine d'associations proches des sans-abri en métropole et outre-mer, ce nombre d'au moins 929 décès est déjà supérieur à celui de 2024, qui s'était établi à 912 décès. « Il continue d'augmenter années après années » et pourrait très vite dépasser le cap symbolique des mille personnes mortes dans la rue, précise Adèle Lenormand, membre de l'association créée en 2003 et qui mène ce recensement depuis 2012. « En région Provence-Alpes-Côte d'Azur, on est passé de 51 décès en 2024 à 112 l'an dernier : c'est alarmant, la rue abîme énormément », affirme-t-elle.
Un bébé de 11 jours parmi les victimes
Ce chiffre sera actualisé en octobre prochain, la liste ayant été arrêtée au 16 avril dernier. Car depuis, d'autres noms de SDF décédés l'an dernier se sont déjà ajoutés, explique le collectif. Le bilan définitif sera accompagné d'une analyse des profils des personnes décédées et des causes de leur mort.
Ces personnes, âgées en moyenne de 50 ans (du plus jeune, un bébé de 11 jours retrouvé mort à Bron (Rhône), à la plus âgée, une femme de 88 ans hébergée chez un tiers) ont vécu dans des « lieux non faits pour l'habitation ou en hébergement d'urgence ou temporaires » durant les trois derniers mois avant leur décès. Sur ces 929 décès, 83 % étaient des hommes. Parmi ces morts figuraient 14 enfants de moins de 4 ans et 12 adolescents entre 15 et 18 ans.



