Caudéran : des locataires en lutte contre leur bailleur social
Un ascenseur bloqué pendant quinze jours, un garage inondé à plusieurs reprises : les locataires de la résidence Cœur de Caudéran, un logement social bordelais géré par Domofrance, se mobilisent pour interpeller un bailleur qu'ils jugent absent. « Quand on dit qu'on vit dans un immeuble doré à Caudéran, ça fait rêver », ironisent ces résidents, pourtant confrontés à des conditions de vie dégradées.
Des inondations récurrentes et un garage sous les eaux
Le 27 janvier dernier, le garage au sous-sol de la résidence a été inondé pour la troisième fois en douze ans, selon Céline, une locataire. L'eau est montée jusqu'à 40 centimètres, atteignant également les celliers. Malgré l'intervention des pompiers, qui ont pompé pendant quatre heures, le niveau d'eau est rapidement remonté. Domofrance a finalement fait appel à une société spécialisée, qui a identifié des racines obstruant les canalisations.
Éric Mangiarotta, directeur de la gestion immobilière et sociale chez Domofrance, confirme ces faits : « Des racines bouchaient les canalisations. Elles ont donc été coupées. » Les travaux ont cependant causé une rupture des canalisations et des dégâts des eaux dans plusieurs appartements, qualifiés de « normaux » dans cette situation par le responsable.
Un ascenseur à l'arrêt et des résidents isolés
L'inondation du garage a rendu l'utilisation de l'ascenseur dangereuse, conduisant les pompiers à le mettre à l'arrêt le 3 février. Depuis, un homme souffrant de problèmes cardiaques et une jeune fille polyhandicapée, résidant respectivement au troisième et au premier étage, sont privés de moyen de sortir de chez eux. La mère de la jeune fille explique : « Ma fille a 12 ans, elle pèse 70 kilos et nous ne pouvons pas la descendre nous-même dans l'escalier. »
Cette situation a entraîné des conséquences graves :
- Impossibilité d'utiliser le Mobibus pour se rendre à l'institut médico-éducatif
- Annulation d'un rendez-vous médical essentiel
- Réduction des heures de travail pour rester auprès de l'enfant
Un suivi défaillant et des doléances ignorées
Les locataires estiment que le silence de l'agence n'est pas inhabituel, surtout depuis la fusion entre Clairsienne et Domofrance en octobre 2025, qui a perturbé le suivi de leurs réclamations. « Nos équipes ont été remaniées », reconnaît Éric Mangiarotta, « mais il faut qu'elles réagissent vite et, sans doute, que nous soyons meilleurs. » Le bailleur a finalement intervenu le 12 février, constatant que l'ascenseur ne pouvait être réparé qu'après commande de pièces.
Des problèmes structurels et une pétition en cours
Cet incident, couplé à l'augmentation annuelle du loyer en janvier, a « mis le feu aux poudres », selon Nadia, une locataire. Construite en 2012, la résidence connaît des problèmes depuis son ouverture :
- Toilettes bouchées et moisissures sur les murs
- Infiltrations d'eau depuis les appartements supérieurs
- Fenêtres impossibles à fermer
Face à cette situation, les locataires ont rédigé une pétition, signée par tous les résidents du bâtiment, pour demander une indemnisation des charges liées au garage et à l'ascenseur. Un cahier de doléances devrait être ajouté. « Nous sommes en droit de nous demander comment cette résidence va vieillir… », s'inquiète Céline, qui envisage difficilement un déménagement dans un autre logement social.



