Ce mercredi, la cour criminelle de Paris a entendu les quatre boxeurs accusés de viols en réunion sur une jeune Française en 2017 à Bangkok. Les versions des accusés, qui ont admis avoir menti en début d'enquête, restent fluctuantes. Le président Benjamin Jungman a interrogé chaque accusé sur le consentement de la victime, rappelant que le viol peut être commis par contrainte, menace ou surprise, pas uniquement par violence.
Des versions qui divergent
Benjamin S. et Yanis K., jugés pour viols en réunion, nient tout acte forcé. Yanis K. affirme que le plan à trois s'est fait naturellement, rejetant le rôle d'organisateur que lui attribuent les co-accusés. Son avocat, Me Morad Falek, estime que les autres le chargent pour se dédouaner. Interrogé sur le fait que la victime l'accuse depuis près de dix ans, Yanis K. répond que c'est parce qu'il l'a repoussée après une relation sexuelle antérieure.
Benjamin S. admet avoir eu un second rapport sous la douche, où Jade avait été conduite après une crise d'angoisse. Il affirme qu'elle montrait tous les signes de lucidité et qu'elle a participé de son plein gré. Les deux accusés justifient leurs mensonges initiaux par un manque de maturité et la pression policière.
La défense dénonce une image dégradante
Me Lahcène Drici, avocat de la victime, déplore que les accusés aient tenté de faire passer Jade pour une « traînée » ou une « fille chaude ». Il rappelle que même si elle avait couché avec dix hommes, cela ne justifierait pas un viol. Il souligne les contradictions et les mensonges des accusés, qui selon lui signent leur culpabilité. Il émet l'hypothèse que la vidéo des faits, disparue, constituait une preuve du viol.
Le verdict est attendu ce jeudi après les réquisitions et les plaidoiries de la défense.



