Le tribunal de Phnom Penh a ordonné la libération de Kem Sokha, figure de l'opposition cambodgienne, mettant fin à des années de détention. Cette décision intervient dans un contexte de pression internationale croissante sur le gouvernement du Premier ministre Hun Sen.
Un leader emprisonné depuis 2017
Kem Sokha, ancien président du Parti de sauvetage national du Cambodge (CNRP), avait été arrêté en septembre 2017 pour trahison présumée, une accusation largement considérée comme politiquement motivée. Sa détention avait suscité de vives critiques de la part des organisations de défense des droits humains et des gouvernements occidentaux.
Le tribunal a annoncé que les charges retenues contre lui étaient abandonnées, sans fournir de détails supplémentaires. Kem Sokha a quitté le tribunal sous les acclamations de ses partisans, mais il reste sous surveillance judiciaire.
Réactions internationales
Les États-Unis et l'Union européenne ont salué cette décision, tout en appelant à la libération de tous les prisonniers politiques au Cambodge. L'ONG Human Rights Watch a qualifié cette libération de "pas important" mais a souligné que le système judiciaire cambodgien reste instrumentalisé.
Le gouvernement cambodgien, de son côté, a affirmé que la libération de Kem Sokha n'était pas liée à des pressions extérieures, mais à une décision de justice indépendante. Hun Sen, au pouvoir depuis 1985, a vu son régime critiqué pour la répression de l'opposition et de la société civile.
La libération de Kem Sokha pourrait ouvrir la voie à un dialogue politique, mais les analystes restent prudents. Le CNRP a été dissous en 2017, et de nombreux dirigeants sont en exil. Kem Sokha, bien que libéré, ne pourra pas se présenter aux prochaines élections, prévues en 2028.
Cette décision intervient alors que le Cambodge se prépare à accueillir des investisseurs étrangers et à renforcer ses liens avec la Chine. La question des droits humains reste un point de friction avec les partenaires occidentaux.



