Viol d'un enfant à Pau : sa famille porte plainte contre l'ASE et l'État
Viol d'un enfant à Pau : plainte contre l'ASE et l'État

Viol d'un enfant à Pau : une famille se bat pour justice

Cinq ans après le viol d’un enfant de 11 ans dans un foyer d’urgence à Pau, son frère et sa mère ont déposé plainte contre plusieurs structures de protection de l’enfance dans le Béarn et au Pays basque, contre le Département des Pyrénées-Atlantiques et contre l’État. Le combat judiciaire de Mathéo Perdreaux et de sa mère, Sandrine Gandebœuf, ne fait que commencer. Cela fait pourtant des années, déjà, qu’ils se battent pour obtenir réparation pour Ethan, frère de Mathéo, ballotté de structure en structure au sein de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) dans les Pyrénées-Atlantiques, entre ses 5 et 13 ans, jusqu’à l’erreur irréparable : son viol en 2021, à 11 ans, par un autre jeune de 17 ans dans le foyer d’urgence à Pau.

Les deux jeunes se sont retrouvés dans la même pièce sans surveillance, alors qu’ils n’auraient pas dû. L’adolescent de 17 ans était alors sous contrôle judiciaire, en attente de son procès pour un viol sur sa sœur. Pour Mathéo Perdreaux, le cas de son frère démontre toutes les « failles » et les « dysfonctionnements » de la prise en charge des enfants placés par l’État, que « les placements soient légitimes ou non au départ ».

Parcours chaotique

À travers son association Mains ensembles pour nos enfants, ils ont décidé de déposer plusieurs plaintes auprès du procureur de la République de Pau, contre le foyer de l’enfance du Béarn, l’ASE des Pyrénées-Atlantiques et le Département, contre l’État, la structure Educat’home (devenue Social art solutions) et contre la Maison d’enfance à caractère sociale (MECS) de Jatxou, au Pays basque. Dans cet établissement médico-social, spécialisé dans l’accueil temporaire de mineurs, Ethan a été victime d’un surdosage d’un médicament antipsychotique (Risperdal), dépassant de plus de dix fois la dose prescrite. Peu de temps après cet épisode, Ethan et sa sœur Helena ont été séparés et placés au secret. Une plainte contre la juge aux affaires familiales qui a pris cette décision a également été déposée.

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Ces différentes plaintes ont été déposées pour manquement en matière d’obligation de protection des mineurs, négligence, manquements aux droits fondamentaux de la famille ou encore pour sévices physiques et psychologiques et mise en danger de la vie d’un enfant.

« Une portée symbolique »

Le procureur de Pau semble prendre au sérieux cette affaire. Quelques semaines après sa saisine, Mathéo Perdreaux a été auditionné par la gendarmerie de Cunlhat, dans le Puy-de-Dôme, où il réside désormais. « J’ai bien conscience que certaines plaintes n’aboutiront pas. Mais il y a une portée symbolique, médiatique et politique. À travers le cas personnel de mon frère, pour lequel nous voulons comprendre comment cela a pu arriver car il n’y a eu aucune enquête, nous essayons de mettre en lumière les dysfonctionnements de l’ASE afin que cela n’arrive plus », explique-t-il.

« Un enfant, c’est un investissement pour l’avenir. Mais il n’est jamais la priorité de l’État. Si un enfant avait le droit de vote ou rapporterait quelque chose à l’État, ce serait sûrement différent », ironise-t-il. Mathéo Perdreaux avait également saisi la Défenseure des droits de l’homme qui lui avait répondu être « particulièrement préoccupé de manière générale sur la situation de la protection de l’enfance en France, et mène des instructions générales dans plusieurs départements depuis 2022 ». Le Département des Pyrénées-Atlantiques n’a répondu à aucune de leur sollicitation.

Les prénoms ont été modifiés.

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