L'affaire de la tête de cochon à Nice prend une nouvelle dimension. Selon les révélations du quotidien Nice Matin, un cyberactiviste mis en examen dans cette affaire affirme qu'un marché public de deux millions d'euros lui aurait été promis par l'entourage de Christian Estrosi en échange de son intervention pendant la campagne municipale. Le couple Estrosi dément fermement ces accusations, qualifiées d'"aussi incongrues que scandaleuses" par ses avocats.
Des révélations explosives en pleine période post-électorale
Le 27 février dernier, en pleine campagne municipale, Christian Estrosi et son épouse découvraient une demi-tête de porc accrochée aux grilles de leur résidence, avec une photo du maire épinglée sur l'animal et une étoile de David. Christian Estrosi avait alors dénoncé un acte antisémite. Un cyberactiviste, aujourd'hui mis en examen, est le présumé auteur de cette mise en scène.
Le problème : il était en lien avec un proche du couple Estrosi. L'enquête judiciaire devra déterminer si des proches de Christian Estrosi ont orchestré cette polémique pour susciter la sympathie de l'opinion publique. Le hacker affirme qu'"un marché public lui avait été promis en contrepartie de son intervention en marge de la campagne officielle", précise Nice Matin.
Un marché de deux millions d'euros et 50 000 euros pour Facebook
Selon le cyberactiviste, un "marché à la métropole" de "deux millions d'euros" lui aurait été promis en cas de réélection de Christian Estrosi, pour lui et son associé, un ancien agent de la DST (le service de contre-espionnage français). En outre, une somme de "50 000 euros aurait été affectée aux actions de l'équipe officieuse de campagne de Christian Estrosi", destinée à l'achat de publicités sur Facebook.
Le cyberactiviste implique également un deuxième homme, Sevan B., proche du couple Estrosi, également mis en examen. Sevan B. "dément toute implication dans l'opération tête de porc" et en "réfute la paternité qu'Amine S. (le cyberactiviste) tente de lui faire endosser", rapporte le journal. Le hacker affirme que ce proche d'Estrosi l'aurait appelé 48 heures avant les faits en lui disant : "J'ai une putain d'idée".
Sevan B. reconnaît avoir tenté de booster la campagne sur les réseaux sociaux
Sevan B. reconnaît en revanche avoir tenté de dynamiser la campagne de Christian Estrosi sur les réseaux sociaux, quitte à produire des contenus "borderline" et à les "pousser" grâce à la publicité. Il explique "qu'il avait été sollicité par le maire sortant pour redorer son image digitale, en perte de vitesse face à Eric Ciotti", détaille Nice Matin. Il s'agissait notamment de "contrer les attaques sur les réseaux sociaux" en organisant des commentaires positifs pour Estrosi et négatifs pour Ciotti, quitte à utiliser des méthodes "un peu cavalières".
Christian Estrosi dépose plainte pour dénonciation calomnieuse
Christian Estrosi "dément fermement" la version du hacker, selon le journal. Ses avocats évoquent des accusations "aussi incongrues que scandaleuses" qui "heurtent profondément Christian Estrosi". L'ancien maire de Nice a décidé de déposer une plainte en dénonciation calomnieuse.
Eric Ciotti se constitue partie civile
Le maire actuel de Nice, Eric Ciotti, a annoncé ce mardi 4 août souhaiter "se constituer partie civile" dans cette affaire. "Si ces faits sont confirmés, ils constitueraient l'un des plus graves scandales politiques de la cinquième République", a-t-il commenté. "Les Niçois ont le droit de savoir si leur vote a été manipulé", a ajouté le député-maire, président du microparti Union des droites pour la République, associé au Rassemblement national.
Cette affaire, qui secoue la vie politique niçoise, intervient après les élections municipales qui ont vu la défaite de Christian Estrosi face à Eric Ciotti. L'enquête judiciaire devra faire la lumière sur ces accusations graves, qui pourraient avoir des répercussions politiques majeures si elles étaient confirmées.



