Soupçons de viols à Nice : un juge d'instruction nommé après le classement sans suite
Soupçons de viols à Nice : un juge d'instruction nommé

Le procureur de la République de Grasse, Éric Camous, a annoncé l'ouverture d'une information judiciaire concernant les soupçons de viols et d'agressions sexuelles visant un instituteur de l'école maternelle Pasteur à Saint-Laurent-du-Var. Un juge d'instruction a été nommé pour diriger les investigations, répondant ainsi à l'attente des familles des enfants victimes présumées.

Des plaintes classées sans suite jugées « expéditives »

Quatre plaintes avaient été déposées entre octobre et novembre 2025 par des parents d'élèves de l'école, deux garçons et deux fillettes. Le parquet de Grasse les avait classées sans suite, invoquant des faits « confus et discordants » et un « risque majeur de confabulation ». Pour Maître Vincent Brengarth, avocat des familles, ce classement est intervenu « dans des conditions que nous considérons comme étant parfaitement expéditives ». La première plainte, déposée le 3 octobre, a été classée le 21 octobre ; celles des fillettes, déposées le 6 novembre, ont été classées le 24 novembre.

La médiatisation de la colère des parents

Les familles, soutenues par l'association Les Petits invincibles et la FCPE 06, ont tenu une conférence de presse mardi 23 juin 2026 pour dénoncer l'inertie de la justice. « Comment sommes-nous censés vivre après cela ? Devons-nous reprendre notre vie comme si rien ne s'était passé ? », a déclaré Laura, mère d'un garçon de 4 ans, auteure d'une des premières plaintes. Miléna, mère d'une fillette, a ajouté : « Je ne me contenterai pas d'un simple "les enfants fabulent". Je veux savoir pourquoi ma fille fait des terreurs nocturnes en criant "Maman, enlève-moi ce qu'il y a dans ma bouche !" »

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Des expertises policières contestées

Les parents dénoncent également des expertises policières bâclées, avec des entretiens de quelques minutes, des questions frontales et des conditions inadaptées pour recueillir la parole d'enfants de 4 ans. « Il y a forcément un problème quand un enfant de 4 ans parle de doigts dans les fesses, de chatouilles dans la zézette », a souligné Miléna.

Le possible retour de l'enseignant

Selon les familles, l'enseignant visé, qui conteste les faits, aurait été « muté » et travaillerait sans être au contact d'enfants. La FCPE 06 réclame une enquête administrative. « Faire cette enquête c'est apporter des réponses aux familles, mais aussi protéger les enfants », a insisté Khadija El Ouahabi, présidente de la FCPE des Alpes-Maritimes.

Le contexte national de l'affaire Lyhanna

Maître Brengarth a lié cette affaire au contexte national, notamment l'affaire Lyhanna, qui a mis en lumière des « dysfonctionnements structurels massifs de la justice » face aux accusations d'agressions sexuelles sur enfants. En France, toutes les trois minutes, un enfant est victime de viol, d'inceste ou d'agression sexuelle, soit 160 000 enfants chaque année. « On leur dit : libérez votre parole et après on leur dit : menteurs ! », s'est insurgée la présidente de l'association Les Petits invincibles.

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