Silence face à l'extrême droite dénoncé au Théâtre de Nice
Silence face à l'extrême droite au Théâtre de Nice

Le Syndicat national des artistes plasticiens - CGT des Alpes-Maritimes a vivement critiqué la présentation de la saison 2026-2027 du Théâtre national de Nice (TNN), dénonçant un silence complice face à l'extrême droite. Dans un communiqué cinglant, le syndicat estime que les discours des directrices ont élégamment évité de nommer la réalité politique locale.

Une omission volontaire

Lors de la présentation, les intervenants ont cité Malraux, la décentralisation culturelle et le service public de l'art, mais aucun mot n'a été prononcé sur l'extrême droite, pourtant au cœur de la situation politique niçoise. Le syndicat s'insurge : "Un mot a soigneusement été évité toute la soirée : extrême droite."

Les deux directrices ont affirmé vouloir travailler avec la nouvelle équipe municipale sans jamais qualifier politiquement cette dernière. Pour les artistes, cette pudeur de langage est un renoncement majeur : "Comme si cela relevait du détail. Comme si l'on pouvait parler aujourd'hui de culture publique, de transmission, d'émancipation et de démocratie sans dire clairement à quelles menaces ces principes sont désormais confrontés."

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Un théâtre moins engagé

Le syndicat rappelle que le TNN était plus engagé il y a quelques mois. Il interroge : "À quoi sert de convoquer Malraux si l'on efface le réel ? À quoi sert d'invoquer l'histoire de la décentralisation théâtrale si l'on devient incapable de nommer les forces politiques qui combattent précisément l'idée d'une culture critique, populaire et émancipatrice ?"

Le communiqué dénonce une banalisation inquiétante : "Le plus inquiétant n'est peut-être pas le silence lui-même. Le plus inquiétant est qu'il semble désormais naturel. On banalise. Et ça passe crème."

Le théâtre public en question

Pour le syndicat, le théâtre public ne doit pas être un salon mondain docile. Il porte une responsabilité historique : faire vivre l'esprit critique, résister aux intimidations idéologiques et refuser les renoncements sémantiques qui préparent les renoncements politiques. "Il est frappant de voir qu'une institution capable de programmer Brecht et de rappeler les tragédies de l'Histoire semble devenue incapable de regarder le présent en face."

Le communiqué conclut avec ironie : "Tartuffe, vous avez dit Tartuffe ? Le mot, lui au moins, n'a pas disparu du répertoire."

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