Nicolas Sarkozy clame son innocence au procès du financement libyen
Nicolas Sarkozy a pris la parole ce mercredi 27 mai 2026 devant le tribunal correctionnel de Paris, dans le cadre du procès dit du « financement libyen ». L'ancien président de la République, accusé de corruption passive, de financement illégal de campagne électorale et de recel de détournement de fonds publics libyens, a fermement nié les faits qui lui sont reprochés.
« Je n'ai pas trahi la confiance des Français », a-t-il lancé d'emblée, la voix grave. Vêtu d'un costume sombre, l'ancien chef de l'État a plaidé non coupable, dénonçant un « dossier vide » et une « instrumentalisation politique ». Selon lui, les accusations portées par des intermédiaires comme Ziad Takieddine ne reposent sur aucune preuve tangible.
Un réquisitoire marqué par l'émotion
Pendant près de deux heures, Nicolas Sarkozy a détaillé son action à la tête de l'État, de 2007 à 2012, évoquant les réformes entreprises et la gestion de la crise financière. Il a estimé que ces années avaient été « bénéfiques pour la France » et que les accusations actuelles ternissaient injustement son bilan. « J'ai consacré ma vie à mon pays, et aujourd'hui on me traite comme un délinquant », a-t-il regretté.
L'ancien président a également mis en cause le rôle de la justice, qu'il accuse de partialité. Il a notamment critiqué les écoutes téléphoniques et les investigations menées, les qualifiant de « méthodes indignes d'une démocratie ». Ses avocats ont plaidé la relaxe, arguant de l'absence de preuves matérielles.
Des accusations fondées sur des témoignages controversés
Le parquet national financier (PNF) a requis une peine de six ans de prison ferme, estimant que les éléments recueillis démontraient l'existence d'un pacte de corruption entre le régime de Mouammar Kadhafi et l'équipe de campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Plusieurs témoins, dont d'anciens dignitaires libyens, ont affirmé que des fonds avaient été versés, à hauteur de plusieurs millions d'euros.
Mais pour la défense, ces témoignages sont « sujets à caution » et « contradictoires ». Nicolas Sarkozy a ainsi dénoncé une « manipulation » orchestrée par des opposants politiques et des régimes étrangers. Il a également rappelé que les comptes de campagne de 2007 avaient été validés par le Conseil constitutionnel.
Un procès très médiatisé
Ce procès, qui doit durer plusieurs semaines, suscite un vif intérêt médiatique et politique. Il intervient dans un contexte où la confiance des citoyens dans la classe politique est régulièrement mise à l'épreuve. Plusieurs personnalités, dont d'anciens ministres, sont également citées dans cette affaire.
De nombreux observateurs estiment que ce procès est crucial pour la démocratie française, car il pose la question de l'intégrité des dirigeants. Nicolas Sarkozy, lui, reste combatif : « Je me battrai jusqu'au bout pour prouver mon innocence », a-t-il conclu, sous les applaudissements de ses partisans présents dans la salle.
La suite des débats s'annonce riche en rebondissements, avec l'audition de nombreux témoins et experts. Le verdict est attendu dans les prochains mois.



