Rugby : l'action en justice de centaines d'ex-joueurs britanniques victimes de commotions menacée
Rugby : action en justice d'ex-joueurs menacée

L'action en justice intentée par des centaines d'anciens joueurs de rugby britanniques contre les instances dirigeantes, les accusant de ne pas les avoir protégés des commotions cérébrales, est gravement menacée après une erreur commise par leur avocat. Selon des informations révélées par le quotidien The Guardian, le cabinet d'avocats représentant les plaignants aurait omis de respecter les délais de procédure, mettant en péril l'ensemble de la démarche judiciaire.

Une erreur de procédure aux conséquences lourdes

L'erreur concerne le dépôt des documents nécessaires dans le cadre de la procédure judiciaire. Les avocats des joueurs auraient manqué une date limite cruciale, ce qui pourrait entraîner le rejet de l'action collective. Cette affaire implique plus de 300 anciens joueurs, dont certains souffrent de troubles neurologiques graves, comme la démence précoce ou la maladie d'Alzheimer, qu'ils attribuent aux chocs répétés subis lors de leur carrière.

Les instances mises en cause sont la Fédération anglaise de rugby (RFU), la Fédération galloise (WRU) et World Rugby, l'instance internationale. Les plaignants réclament des dommages et intérêts pour préjudice corporel, estimant que les dirigeants ont minimisé les risques liés aux commotions pendant des décennies.

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Des témoignages poignants

Parmi les plaignants, Steve Thompson, ancien talonneur de l'équipe d'Angleterre vainqueur de la Coupe du monde en 2003, a témoigné de ses problèmes de mémoire et de concentration. « Je ne me souviens pas d'avoir gagné la Coupe du monde », a-t-il déclaré, soulignant l'impact dévastateur des traumatismes crâniens sur sa vie quotidienne. D'autres anciens joueurs, comme Michael Lipman et Alix Popham, ont également rapporté des symptômes similaires.

Selon une étude menée par l'Université de Glasgow, les joueurs de rugby professionnels ont un risque de développer une maladie neurodégénérative deux fois plus élevé que la population générale. Cette statistique alarmante a renforcé la détermination des plaignants à obtenir justice.

Les instances dirigeantes dans le viseur

Les avocats des joueurs accusent les fédérations de ne pas avoir suffisamment informé les joueurs des risques à long terme et de ne pas avoir mis en place de protocoles adéquats pour prévenir les commotions. « Ils savaient depuis des années que les chocs à la tête pouvaient causer des lésions cérébrales, mais ils ont choisi de ne rien faire », a affirmé un porte-parole du cabinet d'avocats.

De leur côté, les instances dirigeantes se défendent en soulignant les progrès réalisés ces dernières années en matière de sécurité, notamment l'introduction de protocoles de commotion et de règles plus strictes pour les plaquages. Cependant, les plaignants estiment que ces mesures sont insuffisantes et arrivent trop tard.

Un avenir incertain pour l'action collective

L'erreur de procédure commise par les avocats pourrait avoir des conséquences désastreuses pour les joueurs. Si la justice britannique décide de ne pas accepter les documents hors délai, l'action collective pourrait être annulée, obligeant chaque joueur à intenter une action individuelle, ce qui serait financièrement et logistiquement difficile.

Les avocats ont tenté de rectifier l'erreur en présentant des excuses et en demandant une prolongation de délai, mais la décision appartient désormais au tribunal. Une audience est prévue dans les prochaines semaines pour statuer sur la recevabilité de l'action.

Cette affaire est scrutée de près par le monde du rugby, car elle pourrait avoir un impact majeur sur la responsabilité des instances sportives en matière de protection de la santé des joueurs. Une décision défavorable aux plaignants pourrait dissuader d'autres victimes de commotions de chercher réparation par la voie judiciaire.

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