Le ministère de la Justice a rendu public mardi 18 mars 2025 le premier bilan de la revue nationale des plaintes pour violences sexuelles sur mineurs. Cette initiative, lancée à la demande du ministre de la Justice Gérald Darmanin le 8 juin 2024, fait suite à l'affaire Lyhanna, une collégienne de 11 ans dont le violeur présumé, Jérôme Barella, avait déjà fait l'objet de plusieurs plaintes restées sans suite. Le bilan chiffré témoigne d'une mobilisation sans précédent des parquets et des juridictions.
Des chiffres en forte hausse
Selon la Chancellerie, depuis le 8 juin 2024, 924 personnes ont été incarcérées pour des faits de violences sexuelles sur mineurs. Ce nombre représente « une hausse de +134 % par rapport à la normale », précise le ministère. Par ailleurs, près de 1.700 informations judiciaires ont été ouvertes et confiées à des juges d'instruction, soit une augmentation de 271 % par rapport à la même période de l'année précédente. Ces statistiques inédites reflètent l'ampleur de la révision systématique des plaintes engagée par le garde des Sceaux.
Le contexte de l'affaire Lyhanna
L'affaire Lyhanna, du nom de cette adolescente violée à plusieurs reprises par un homme déjà connu des services de police, a provoqué une onde de choc dans l'opinion publique. Le 8 juin 2024, Gérald Darmanin a demandé à l'ensemble des parquets de réexaminer toutes les plaintes pour violences sexuelles sur mineurs déposées antérieurement et non encore traitées. Cette revue nationale visait à éviter qu'un nouveau drame similaire ne se reproduise en raison de défaillances dans le suivi des plaintes.
Une évolution structurelle de la politique pénale
La Chancellerie insiste sur le caractère durable de cette mobilisation. « Cette mobilisation exceptionnelle ne constitue pas une réponse ponctuelle à un drame », affirme le ministère dans son communiqué. « Elle marque une évolution structurelle et durable de l’application de la politique pénale du garde des Sceaux en matière de protection des mineurs. » Cette déclaration souligne la volonté du gouvernement de pérenniser les efforts entrepris, au-delà de l'effet d'annonce initial.
Des moyens supplémentaires alloués
Pour accompagner cette revue, le ministère a débloqué des ressources humaines et financières. Des magistrats et fonctionnaires ont été redéployés au sein des parquets et des juridictions d'instruction. La Chancellerie précise que des formations spécifiques ont été dispensées aux personnels pour améliorer la prise en charge des plaintes de mineurs victimes de violences sexuelles. Ces mesures visent à garantir un traitement diligent et bienveillant des dossiers.
Les réactions des associations de protection de l'enfance
Plusieurs associations, comme La Voix de l'Enfant et l'Association des Victimes de Violences Sexuelles, ont salué cette initiative tout en appelant à une vigilance accrue. Elles rappellent que le nombre de plaintes encore en attente de traitement reste élevé et que les moyens alloués doivent être pérennisés. « C'est un premier pas important, mais il faut que la justice continue à se saisir de ces dossiers avec la même détermination », a déclaré un porte-parole de La Voix de l'Enfant.
Des perspectives pour l'avenir
Le bilan présenté mardi n'est qu'un premier état des lieux. Le ministère de la Justice prévoit de publier des rapports trimestriels pour suivre l'évolution des affaires. L'objectif affiché est de réduire les délais de traitement et d'augmenter le taux de condamnations dans les affaires de violences sexuelles sur mineurs. Cette revue nationale s'inscrit dans un plan plus large de lutte contre les violences faites aux enfants, qui inclut également des mesures de prévention et de sensibilisation dans les établissements scolaires.



