Enquête ouverte après des propos racistes sur CNews visant le maire de Saint-Denis
Propos racistes sur CNews : enquête ouverte contre le maire de Saint-Denis

Une enquête judiciaire pour injures racistes visant le maire de Saint-Denis

Le parquet de Paris a officiellement ouvert une enquête pour "injure publique à caractère raciste" après des propos controversés tenus sur la chaîne CNews visant Bally Bagayoko, le nouveau maire La France Insoumise de Saint-Denis. Cette décision intervient au lendemain du dépôt de plainte de l'élu, et moins d'une semaine après la diffusion des séquences polémiques.

Le préfet de Seine-Saint-Denis se constitue partie civile

Dans un développement significatif, le préfet de Seine-Saint-Denis s'est constitué partie civile dans cette affaire, répondant ainsi à la demande du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. Parallèlement, une seconde investigation a été ouverte pour le cyberharcèlement subi par Bally Bagayoko, après la multiplication de commentaires racistes le ciblant sur le réseau social X.

Les propos controversés sur CNews

La polémique trouve son origine dans l'émission "100% politique" diffusée les 27 et 28 mars sur CNews, où un débat était organisé sur les premiers jours du mandat de M. Bagayoko. Le psychologue Jean Doridot a déclaré : "l'homo sapiens, nous sommes des mammifères sociaux et de la famille des grands singes. Et par conséquent, dans toute collectivité, dans toute tribu – nos ancêtres chasseurs-cueilleurs vivaient en tribus – il y a un chef qui a pour mission d'installer son autorité".

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Le lendemain, le philosophe Michel Onfray a prêté à Bally Bagayoko une attitude de "mâle dominant" pour avoir appelé à faire "allégeance" après son élection. Ces propos ont été dénoncés comme racistes par plusieurs responsables politiques et associations antiracistes.

Réactions politiques et institutionnelles

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a qualifié les propos tenus sur CNews de "ignobles" et "absolument inacceptables". Sébastien Lecornu, devant les députés, a affirmé que la "banalisation du mal et du racisme doit être combattue avec la même force et sans relâche".

Plusieurs responsables LFI et de gauche ainsi que des associations antiracistes ont saisi l'Arcom, le gendarme de l'audiovisuel et du numérique, qui a indiqué qu'elle allait "instruire les séquences qui lui ont été signalées".

La défense de CNews et les contre-attaques

CNews a contesté "formellement que de quelconques propos racistes aient été tenus" sur son antenne. La direction a estimé que les propos de Jean Doridot avaient été "délibérément déformés sur les réseaux sociaux, alimentant une polémique infondée". Michel Onfray a quant à lui dénoncé sur X un "faux procès" que lui intenterait LFI.

Appel à un rassemblement antiraciste

Bally Bagayoko a appelé à un "grand rassemblement" antiraciste ce samedi devant la mairie de Saint-Denis. Dans un entretien à l'AFP, il a qualifié CNews de "chaîne raciste" et a estimé que l'Arcom, qui l'épingle régulièrement, doit être "beaucoup plus sévère". Il a même suggéré que le régulateur devrait retirer les autorisations d'émettre accordées à la chaîne du groupe Bolloré.

Contexte personnel et politique

Bally Bagayoko, 52 ans, est né dans les Hauts-de-Seine de parents maliens. Ce père de quatre enfants a été élu dès le premier tour le 15 mars avec 50,77% des voix, devenant ainsi le maire de la plus grande ville Insoumise de France. Dès son élection, il avait déjà été la cible d'une campagne de haine relayée par l'extrême droite sur le réseau social X.

Les enquêtes en cours

Deux enquêtes distinctes sont désormais ouvertes :

  1. Une enquête pour injures publiques à caractère raciste concernant les propos tenus sur CNews
  2. Une enquête pour cyberharcèlement visant les commentaires racistes diffusés sur les réseaux sociaux

Le parquet de Paris a précisé que l'enquête pour cyberharcèlement a été ouverte après avoir "constaté sur le réseau social X une multiplication de commentaires ciblant Bally Bagayoko en raison de la couleur de sa peau".

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Bally Bagayoko a réagi à l'ouverture de l'enquête en déclarant : "C'est une bonne chose, un début. On verra jusqu'où ça ira", exprimant ainsi un optimisme prudent quant à la suite des procédures judiciaires.