D'après une étude publiée récemment, les avions hybrides et électriques pourraient prendre en charge une partie des vols de moins de 500 kilomètres en Europe à partir de 2030. Cette évolution, portée par les progrès technologiques et les objectifs de réduction des émissions de CO2, pourrait transformer le transport aérien régional.
Une part significative du trafic aérien court concernée
L'étude, réalisée par le cabinet de conseil en stratégie Roland Berger, indique que ces avions pourraient représenter jusqu'à 30 % des vols de moins de 500 kilomètres en Europe d'ici 2030. Ces liaisons, souvent assurées par des turbopropulseurs ou des jets régionaux, sont particulièrement adaptées à une électrification, en raison de leur courte durée et de leur fréquence élevée.
Selon les auteurs, les avions hybrides, combinant moteur thermique et moteur électrique, offriraient une autonomie suffisante pour ces trajets, tout en réduisant la consommation de carburant et les émissions de gaz à effet de serre. Les avions 100 % électriques, bien que plus limités en autonomie, pourraient également être utilisés sur des lignes très courtes, comme les navettes entre îles ou les vols régionaux à faible charge.
Des défis technologiques et réglementaires à surmonter
Le déploiement de ces appareils dépendra de plusieurs facteurs. Tout d'abord, les avancées dans les batteries et les systèmes de propulsion électrique sont cruciales. Les chercheurs travaillent sur des batteries plus légères et plus denses en énergie, capables de supporter les cycles de charge et de décharge fréquents imposés par les vols courts.
Ensuite, les infrastructures aéroportuaires devront être adaptées pour accueillir ces nouveaux appareils, notamment en termes de bornes de recharge et de maintenance spécialisée. Les compagnies aériennes devront également former leurs pilotes et leur personnel au sol à ces nouvelles technologies.
Enfin, la réglementation européenne devra évoluer pour certifier ces avions et intégrer leur utilisation dans le système de gestion du trafic aérien. L'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) travaille déjà sur des normes pour les aéronefs électriques et hybrides.
Un impact environnemental positif mais limité
Selon l'étude, le remplacement d'une partie des vols de moins de 500 km par des avions hybrides ou électriques pourrait réduire les émissions de CO2 du secteur aérien européen de 5 à 10 % d'ici 2030. Bien que modeste, cette réduction contribuerait aux objectifs de l'Union européenne de devenir neutre en carbone d'ici 2050.
Les vols de moins de 500 km représentent environ 25 % du trafic aérien européen, mais seulement 5 % des émissions de CO2, car ils sont souvent effectués avec des appareils plus petits et sur des distances plus courtes. Néanmoins, ils sont souvent critiqués pour leur impact environnemental par passager-kilomètre.
Des initiatives industrielles déjà lancées
Plusieurs constructeurs aéronautiques, comme Airbus et le suédois Heart Aerospace, développent déjà des prototypes d'avions hybrides et électriques. Airbus prévoit de mettre en service un avion hybride à turbine à gaz et à moteur électrique d'ici 2035, tandis que Heart Aerospace vise une entrée en service de son avion ES-19, capable de transporter 19 passagers, dès 2026.
Ces projets sont soutenus par des financements publics et privés, notamment dans le cadre du programme de recherche européen Clean Aviation, qui vise à accélérer le développement de technologies de décarbonation pour l'aviation.
Un avenir incertain mais prometteur
Malgré ces avancées, des incertitudes demeurent. Le coût des batteries et des systèmes électriques reste élevé, et leur durée de vie est encore limitée. De plus, la production d'électricité nécessaire pour recharger ces avions devra être décarbonée pour que le bilan environnemental soit réellement positif.
Néanmoins, les experts estiment que l'électrification des vols courts est une étape nécessaire vers une aviation plus durable. Comme le souligne le rapport, « l'hybridation et l'électrification des avions régionaux constituent une opportunité unique de réduire l'empreinte carbone du transport aérien tout en maintenant la connectivité des territoires ».
Conclusion
En résumé, les avions hybrides et électriques pourraient effectuer une partie des vols de moins de 500 kilomètres en Europe dès 2030, selon l'étude de Roland Berger. Cette transition, bien que complexe, pourrait contribuer à réduire les émissions de CO2 du secteur aérien et à répondre aux exigences climatiques de l'Union européenne. Les acteurs de l'industrie aéronautique sont déjà engagés dans cette voie, mais des efforts supplémentaires sont nécessaires en matière de technologie, d'infrastructures et de réglementation pour concrétiser cette perspective.



