Le procès est fixé. Un an après le drame de Nogent, en Haute-Marne, l'adolescent accusé d'avoir poignardé à mort une surveillante sera jugé du 15 au 17 juillet devant le tribunal pour enfants. Il comparaîtra détenu provisoirement et le procès se tiendra à huis clos.
Un procès très attendu
« Le mineur comparaîtra détenu à titre provisoire. Il sera jugé à huis clos conformément à la loi », a précisé le procureur de la République de Chaumont, Denis Devallois. Cette audience est très attendue après un fait divers qui avait profondément marqué le monde éducatif.
Les faits du drame
Le 10 juin 2025, Mélanie, assistante d'éducation de 31 ans, était tuée à coups de couteau devant le collège Françoise-Dolto de Nogent. Les faits s'étaient déroulés lors d'un contrôle inopiné des sacs d'élèves mené par les gendarmes. L'auteur présumé, Quentin G., alors âgé de 14 ans et élève de troisième dans l'établissement, avait été interpellé juste après les faits. Deux jours plus tard, il était mis en examen pour « meurtre sur une personne chargée d'une mission de service public ».
En garde à vue, l'adolescent avait expliqué vouloir tuer une surveillante, « n'importe laquelle ». Le procureur avait à l'époque décrit un jeune « sans compassion », « fasciné par la violence » et « en perte de repères », sans relever de troubles mentaux. Compte tenu de son âge au moment des faits, il encourt une peine maximale de 20 ans de réclusion criminelle, et non la perpétuité.
Une émotion toujours vive
Le drame avait provoqué une onde de choc dans tout le pays. En Conseil des ministres, Emmanuel Macron avait évoqué une « désinhibition de la violence […] pour laquelle il va falloir évidemment apporter des solutions ». Dans les établissements scolaires, l'émotion restait forte. « Face à la tristesse, à l'indignation, au choc que nous partageons, nous devons porter haut nos valeurs humanistes », écrivait une proviseure à sa communauté éducative.
Le 24 juin dernier, la surveillante décédée avait été faite chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume. Quelques jours auparavant, une marche blanche en sa mémoire avait rassemblé environ 1 500 personnes à Nogent.



