Procès du meurtre d'une surveillante en Haute-Marne : l'adolescent jugé à huis clos
Procès du meurtre d'une surveillante en Haute-Marne

Le procès d’un adolescent de 15 ans, accusé du meurtre d’une surveillante de 31 ans en Haute-Marne, s’ouvre ce mercredi 15 juillet 2026 à Chaumont. Jugé à huis clos pour ce drame survenu en 2025 dans un collège de Nogent, le mineur, dont le geste a bouleversé la France, encourt 20 ans de réclusion criminelle.

Les faits : une agression mortelle devant le collège

Au matin du mardi 10 juin 2025 à Nogent, bourg haut-marnais de 3 500 habitants, Mélanie, assistante d’éducation de 31 ans, est frappée à sept reprises avec un long couteau de cuisine à l’entrée du collège Françoise-Dolto. Elle décède sur place de ses blessures. Les faits se déroulent devant de nombreux témoins, lors d’un contrôle inopiné des sacs des élèves par des gendarmes devant le collège, destiné à détecter d’éventuelles armes blanches. Quentin G., élève de troisième dans l’établissement, est aussitôt maîtrisé par un gendarme, non sans blesser ce dernier à la main au moment de son interpellation.

Les déclarations troublantes de l'accusé

Selon le procureur de Chaumont, Denis Devallois, l’adolescent a déclaré aux enquêteurs qu’il n’avait pas de « grief particulier » envers Mélanie, mais qu’il voulait s’en prendre à une surveillante, « n’importe laquelle ». Il ne supportait plus « le comportement des surveillantes en général » dans son établissement, qui auraient eu, selon lui, « une attitude différente selon les élèves ». L’adolescent aurait mûri son projet quelques jours avant les faits, après qu’une autre surveillante l’aurait « sermonné » alors qu’il embrassait sa petite amie au sein du collège.

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Profil de l'accusé et expertise psychologique

Quentin G., sans antécédents judiciaires et issu d’une famille « insérée professionnellement », ne présentait en garde à vue « aucun signe évoquant un possible trouble mental », n’exprimait aucun regret ni « aucune compassion pour les victimes », et faisait preuve d’une « certaine fascination pour la violence et la mort », selon Denis Devallois. Il « apparaît en perte de repères quant à la valeur de la vie humaine, à laquelle il ne semble pas attacher d’importance particulière ». Son avocat, Maître Antoine Chateau, avait tenu à se dissocier de certaines affirmations du procureur, soulignant la nécessité de mener des expertises psychologiques et psychiatriques. Il n’a pas souhaité s’exprimer avant le procès.

Peine et procédure judiciaire

Étant âgé de moins de 16 ans, Quentin G. ne pouvait pas comparaître devant la cour d’assises des mineurs. Il encourt une peine de 20 ans de réclusion criminelle au lieu d’une peine de prison à perpétuité. Il a été placé en détention provisoire depuis sa mise en examen. Le procès se tient jusqu’à vendredi devant le tribunal pour enfants de Chaumont.

Victime et réactions

Mélanie, ancienne coiffeuse reconvertie dans l’Éducation nationale, était mère d’un petit garçon et conseillère municipale à Sarcey. Ses proches l’avaient décrite comme une femme « solaire », « douce » et « gentille ». Une marche blanche en sa mémoire avait réuni 1 500 personnes à Nogent quelques jours après le drame. La mère de Mélanie, Magali, a confié : « Je n’ai plus qu’un seul but dans la vie : le petit », à propos de son petit-fils de cinq ans, qui a obtenu le statut de pupille de la Nation. Elle voudrait que Quentin G. « paie » au prix fort.

Impact politique et mesures envisagées

Dans la foulée de ce meurtre, Emmanuel Macron s’était engagé à interdire aux moins de 15 ans l’accès aux réseaux sociaux, porteurs selon lui « d’épidémies de violences ». Le gouvernement espère la mise en œuvre d’un texte interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans à la rentrée prochaine. Au niveau européen, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a plaidé pour un « accès progressif et gradué » des enfants et adolescents aux plateformes en ligne.

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