Procès de l'agression homophobe au bar Le Pride à Nîmes : une audience sous tension
Procès de l'agression au bar Le Pride à Nîmes : tension palpable

Le tribunal correctionnel de Nîmes a jugé, ce mardi 23 septembre, l'agression commise devant le bar Le Pride le 23 novembre dernier. Dans une salle d'audience comble, l'affaire qui avait ému l'opinion publique en raison de la violence extrême des coups portés aux victimes a été examinée. Les visages tuméfiés des plaignants témoignaient d'une scène d'une brutalité inouïe, attribuée à leur orientation sexuelle. Cependant, le procureur a soulevé plusieurs points complexes au cours des débats.

Des insultes homophobes et une lame évoquées

Ce soir-là, vers 1 h 10, la police est intervenue pour une rixe rue de Bernis. Les victimes affirment que les deux agresseurs, visiblement ivres, ont proféré des insultes homophobes telles que "Je vais te planter pédale" ou "On va casser du PD". Une violence à la fois morale et physique qui a laissé des traces indélébiles. "J'y repense encore, c'est un traumatisme de se faire insulter comme ça", confie l'une des victimes. Une autre ajoute : "Je ne veux pas que ma vie se résume à ça, ni devoir dire à ma mère que j'ai été agressé pour ce que je suis." Cependant, seule une personne certifie avoir entendu ces insultes. L'exhibition d'une lame de 8 à 10 cm par un agresseur est également rapportée, mais l'arme n'a pas été retrouvée.

Mutisme et légitime défense chez les prévenus

Les deux jeunes, aujourd'hui âgés de 20 et 21 ans, avaient été interpellés avec des taux d'alcoolémie élevés (1,11 mg et 0,72 mg par litre d'air expiré). L'un d'eux, en trou noir, déclare : "C'est très flou." Il lui est aussi reproché d'avoir détérioré la devanture du bar avec une barrière. Malgré les questions du président Jérôme Reynes, il n'a fourni aucun détail supplémentaire. Son comparse, déjà détenu pour une autre affaire et connu pour violences aggravées, a livré une version différente : "On était à une soirée, on s'est perdus. J'ai vu mon ami se faire emmerder par une dizaine de personnes. Je me suis pris le premier coup. C'est de la légitime défense." Tous deux nient toute insulte homophobe.

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Ces déclarations ont suscité l'agacement des parties civiles et de leur avocat, Me Cyril Caron : "J'aurais aimé entendre des excuses et des explications précises. Le mutisme de l'un et la posture d'agressé de l'autre ajoutent du sel sur des blessures encore béantes."

Le procureur nuance, la défense plaide la relaxe

Le procureur David Malicot a évoqué "une pression médiatique et d'en haut" pour que le dossier soit réexaminé, le caractère homophobe n'ayant pas été retenu initialement. Il a nuancé : "Qui a frappé le premier ? On ne sait pas. Les insultes étaient-elles homophobes ou simplement dues à l'ivresse ? On ne sait pas. Les vidéos n'enregistrent pas d'injures. Je ne dis pas qu'elles n'existent pas, mais on vous demande de graver dans le marbre une décision incertaine." Il a requis 18 mois de prison avec mandat de dépôt pour le plus âgé et 8 mois de sursis simple pour le second, avec obligation de stages de citoyenneté.

La défense a estimé que "le dossier est transformé". Me Carmelo Vialette a soutenu : "Les insultes, si elles ont eu lieu, étaient liées à la colère du moment, pas à une stigmatisation." Me Annélie Deschamps a mis en garde contre un "procès d'exemple", plaidant la relaxe. Après délibéré, le plus âgé a été condamné à 18 mois de prison avec mandat de dépôt, relaxé pour les injures. Le second a écopé d'un an de prison avec sursis probatoire, interdiction de paraître au bar Le Pride, et 400 euros d'amende.

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