Le Premier ministre démissionnaire Gabriel Attal est, à son tour, la cible d'une ingérence numérique en provenance de Russie, a-t-on appris ce mercredi de sources concordantes. Cette nouvelle tentative de déstabilisation intervient une semaine après des faits similaires visant d'autres personnalités politiques françaises, dans un contexte de tensions accrues entre Paris et Moscou.
Une ingérence numérique ciblée
Selon les informations rapportées par Libération, l'entourage de Gabriel Attal a confirmé avoir été informé par les services de l'État de cette tentative d'ingérence. Celle-ci aurait pris la forme de campagnes de désinformation et de tentatives de piratage visant à discréditer le locataire de Matignon, à quelques mois de l'élection présidentielle de 2027.
Les modalités exactes de cette opération n'ont pas été détaillées, mais elle s'inscrirait dans un schéma déjà observé ces dernières semaines. Le 28 juillet dernier, plusieurs membres du gouvernement et des responsables de la majorité avaient déjà été ciblés par une vague de cyberattaques attribuée à des groupes russes. Ces attaques avaient notamment visé des comptes de messagerie et des réseaux sociaux.
Une stratégie de déstabilisation déjà connue
Cette nouvelle ingérence confirme, selon les experts, une stratégie russe de déstabilisation systématique des institutions françaises. « La Russie cherche à affaiblir la France et à semer le doute dans l'opinion publique, notamment en vue des prochaines échéances électorales », analyse Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans frontières.
Les services de renseignement français, qui ont détecté l'opération, ont immédiatement alerté le Premier ministre et son cabinet. Des mesures de protection renforcées ont été prises pour sécuriser les systèmes d'information de l'entourage de Gabriel Attal.
Une réaction politique attendue
Cette affaire relance le débat sur la vulnérabilité des personnalités politiques face aux ingérences étrangères. Plusieurs voix se sont élevées pour demander un renforcement des dispositifs de cybersécurité, à l'approche de l'élection présidentielle de 2027. Le ministère de l'Intérieur a annoncé l'ouverture d'une enquête pour « ingérence étrangère ».
De son côté, l'ambassade de Russie en France n'a pas réagi dans l'immédiat. Moscou a toujours démenti toute implication dans des opérations de déstabilisation contre la France.
Des précédents inquiétants
Ce n'est pas la première fois que des responsables politiques français sont visés par des ingérences russes. En 2017, l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron avait déjà été la cible de piratages massifs attribués à des groupes russes. Plus récemment, en 2022, des députés européens français avaient été espionnés via le logiciel Pegasus.
Les autorités françaises ont renforcé leur arsenal législatif et technique pour contrer ces menaces, avec notamment la création en 2021 du commandement de la cyberdéfense. Mais les experts estiment que la menace reste élevée, d'autant que les techniques évoluent rapidement.
Un impact sur la campagne présidentielle ?
Cette ingérence intervient alors que la campagne pour la présidentielle de 2027 commence à peine à s'organiser. Gabriel Attal, pressenti comme un possible candidat, pourrait voir sa crédibilité affectée si des informations compromettantes venaient à être divulguées. Toutefois, pour l'instant, aucune donnée sensible n'a été exfiltrée selon les premières analyses.
Les services de l'État appellent à la vigilance et rappellent l'importance de la protection des données personnelles. Une cellule de crise a été activée au sein de l'Élysée pour suivre l'évolution de la situation.



