La préfète du Rhône saisit la justice pour un compte X suspecté de poursuivre les activités d'un groupe antifasciste dissous
La préfète du Rhône, Fabienne Buccio, a officiellement saisi la justice ce samedi 28 février, estimant qu'un compte sur le réseau social X poursuivait, sous une forme détournée, les activités du Groupe Antifasciste Lyon et Environs (GALE). Ce groupe avait été dissous par décret gouvernemental le 30 mars 2022, mais la préfecture a identifié des similitudes troublantes dans les logos et les signalétiques utilisés par le compte en question.
Un signalement fondé sur l'article 40 du code de procédure pénale
En vertu de l'article 40 du code de procédure pénale, qui impose à toute autorité constituée de signaler à la justice de possibles crimes et délits, Fabienne Buccio a transmis un rapport détaillé au procureur de la République. Elle a notamment pointé le compte X @antifa_lyon, qui appelle à participer à des événements autour d'un livre publié en 2024, intitulé « A bas l'état, les flics et les fachos : fragments d'une lutte antifasciste ».
Le compte exhorte également ses followers à soutenir les personnes mises en examen pour l'homicide volontaire de Quentin Deranque, un militant d'extrême droite radicale tué à Lyon. La préfecture qualifie ces publications d'« apologie d'un crime » et note qu'elles contiennent des appels explicites à la violence contre les forces de l'ordre.
Des parallèles avec d'autres signalements récents
Ce signalement s'inscrit dans un contexte plus large de vigilance des autorités. En effet, le gouvernement avait déjà saisi la justice mardi dernier pour une possible « reconstitution » de la Jeune Garde Antifasciste, dissoute en 2024. Plusieurs membres de ce groupe sont d'ailleurs suspectés dans l'enquête sur la mort de Quentin Deranque.
Par ailleurs, la préfète Buccio a annoncé son intention de signaler au procureur un article publié vendredi sur le site internet Rebellyon.info. Cet article, intitulé « Quentin de moins, pétain en moins », contient selon elle des « appels à la violence, apologie de crime et propos haineux ». Le site, qui se revendique antiraciste et antifasciste, y écrit notamment : « Un facho mort, c'est un de moins dans les défilés nazis », en référence à une marche organisée il y a une semaine en hommage à Quentin Deranque.
Une marche controversée et des enquêtes judiciaires en cours
La préfète avait déjà saisi la justice à la suite de cette marche, où des saluts nazis ainsi que des insultes racistes et homophobes avaient été proférés. La manifestation avait rassemblé de nombreux militants de groupuscules d'ultradroite, et le parquet a ouvert des enquêtes spécifiques sur ces incidents.
La représentante de l'État demande donc à la justice de constater la « poursuite de l'activité » du GALE « sous une forme identique ou détournée » à travers le compte X @antifa_lyon. Elle souligne l'importance de prévenir toute résurgence d'activités illégales et de garantir la sécurité publique face à des appels à la violence.



