Affaire Grégory : prescription des faits reprochés à la grand-tante Jacqueline Jacob
Prescription pour Jacqueline Jacob, grand-tante de Grégory

La cour d'appel de Dijon a déclaré prescrite, mercredi 15 juillet 2026, la mise en examen pour "association de malfaiteurs" de Jacqueline Jacob, 81 ans. La grand-tante de Grégory Villemin était soupçonnée d'être l'un des corbeaux ayant harcelé la famille avant et après le meurtre de l'enfant de 4 ans en 1984.

Une prescription qui tombe après une mise en examen contestée

Jacqueline Jacob, mise en examen le 24 octobre 2025, avait saisi la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon pour contester les poursuites. Celle-ci a constaté lors d'une audience à huis clos que "les faits reprochés à Mme Jacob sont prescrits car ce sont des délits", a expliqué son avocat Frédéric Berna. La mise en examen de l'octogénaire "tombe de facto par la constatation de la prescription", a-t-il estimé, en dénonçant "une erreur d'appréciation énorme". "On aura tout vu dans ce dossier sur le plan des aberrations procédurales", a poursuivi Me Berna. "Concrètement, il n'y a aucun élément sur le fond qui permette de considérer que Mme Jacob a participé de près ou de loin à cette affaire", a-t-il assuré.

Les parents de Grégory restent sereins malgré ce revers

Malgré ce nouveau revers, les parents du petit Grégory, "Christine et Jean-Marie Villemin demeurent sereins", selon leur avocat François Saint-Pierre. "Nous attendons maintenant les résultats des expertises en cours, d'ADN et de stylométrie. Nous saurons alors qui elles incriminent, a-t-il dit. La cour d'appel décidera en conséquence de la remise en examen ou non des Jacob cette fois-ci pour crime d'enlèvement et d'assassinat du petit Grégory", non couverts par la prescription. "L'important est d'aller jusqu'au bout de ce qui est possible pour que la vérité soit établie", a ajouté Me Saint-Pierre.

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Les soupçons portaient sur les lettres anonymes

Âgée de 81 ans, la grand-tante du petit Grégory avait été mise en examen le 24 octobre 2025 pour "association de malfaiteurs". Les enquêteurs la soupçonnaient notamment d'avoir participé aux courriers anonymes envoyés à la famille Villemin avant et après le meurtre du garçon de 4 ans, retrouvé noyé dans la Vologne le 16 octobre 1984. L'un de ces courriers revendiquait le crime avec cette phrase restée tristement célèbre : "Voilà ma vengeance. Pauvre con". Le magistrat qui l'a mise en examen s'est fondé sur l'analyse des écritures, aussi nommée stylométrie. Selon ces dernières, Jacqueline Jacob aurait bien écrit certaines des lettres du corbeau, dont celle de revendication du crime.

Les dénégations de Jacqueline Jacob

Lors de l'audition qui a conduit à sa mise en examen, le 24 octobre dernier, la femme de 81 ans avait contesté cette participation. "Je n'ai jamais écrit de lettre. Je n'ai jamais téléphoné. Jamais à personne", avait-elle martelé devant la cour d'appel de Dijon (Côte-d'Or). Dès le début de l'enquête, les investigations s'étaient orientées vers la haine farouche qui aurait existé entre le clan Villemin et les Jacob, famille de la grand-mère de Grégory. La grand-tante et son époux Marcel (un frère de la grand-mère) n'ont eu de cesse de démentir tout conflit et tout rôle dans le décès. Après plusieurs étapes dans ce dossier et malgré leurs dénégations, ils avaient été mis en examen en 2017. Les poursuites avaient été annulées pour vice de forme.

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