3% des actifs occupent le sommet de l'échelle socioprofessionnelle en France
3% des actifs au sommet socioprofessionnel en France

Selon une étude de l'Insee publiée ce jeudi, seulement 3 % des personnes en emploi en France occupent le sommet de l'échelle socioprofessionnelle. Ce groupe restreint, composé de cadres dirigeants, chefs d'entreprise et professions libérales, concentre une part disproportionnée des revenus et du pouvoir décisionnel.

Une élite professionnelle très sélective

L'Insee définit ce sommet comme les professions les plus rémunératrices et les plus prestigieuses, incluant les cadres supérieurs du privé et du public, les entrepreneurs de grande envergure et les experts hautement qualifiés. Ces 3 % représentent environ 800 000 personnes sur un total de 28 millions d'actifs occupés.

L'étude souligne que l'accès à cette strate est fortement corrélé au capital social et culturel. Près de 40 % de ces professionnels ont au moins un parent cadre supérieur ou chef d'entreprise, contre 15 % dans le reste de la population active.

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Des inégalités de revenus marquées

Les revenus moyens de ce groupe sont 4,5 fois supérieurs au salaire médian national. En 2021, le revenu annuel moyen des membres de cette élite atteignait 120 000 euros nets, contre 26 000 euros pour l'ensemble des actifs. De plus, 60 % d'entre eux possèdent un patrimoine immobilier ou financier conséquent, contre 30 % dans le reste de la population.

L'Insee note également que la mobilité sociale ascendante vers ce sommet est limitée : seulement 12 % des enfants d'ouvriers ou d'employés parviennent à y accéder, contre 45 % des enfants de cadres supérieurs.

Une concentration géographique et sectorielle

Géographiquement, ces professionnels sont surreprésentés en Île-de-France, où résident 45 % d'entre eux, et dans les grandes métropoles régionales. Les secteurs d'activité les plus représentés sont la finance (18 %), les technologies de l'information (15 %) et le conseil (12 %).

Selon l'Insee, cette concentration reflète une spécialisation de l'économie française dans les services à haute valeur ajoutée, mais aussi des barrières à l'entrée liées aux diplômes et aux réseaux professionnels.

Un impact sur la cohésion sociale

Les chercheurs de l'Insee estiment que cette situation peut fragiliser la cohésion sociale en creusant les écarts de perception entre les classes. « La concentration des richesses et du pouvoir dans une petite élite peut alimenter un sentiment d'injustice et de déclassement chez les autres actifs », commente Jean-Pierre Dupont, économiste à l'Insee.

L'étude recommande des politiques de redistribution et d'égalité des chances pour favoriser une plus grande diversité au sommet de l'échelle socioprofessionnelle. Elle souligne également l'importance de la transparence sur les rémunérations et les critères de sélection dans les grandes entreprises.

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