"Comète" : Elie Wajeman signe un film choral mélancolique sur Paris
"Comète" : le nouveau film choral d'Elie Wajeman

Avec Comète, son nouveau film en salle le 15 juillet, Elie Wajeman propose une sorte de Melancholia parisien, choral, humble et très attachant. Le réalisateur, révélé par Alya en 2012 et connu pour Les anarchistes (2015) et le polar urbain Médecin de nuit (2021), s'essaie ici au genre romanesque du film choral.

Une comète comme symbole de la mélancolie urbaine

Longtemps, on a prêté au passage d'une comète dans le ciel une signification supérieure : annonciatrice de mauvaises nouvelles chez les Grecs, déclencheuse de catastrophes au Moyen Âge, empoisonneuse de l'air à la Belle Époque. Aujourd'hui, elle donne son nom et sa présence céleste au nouveau film d'Elie Wajeman. Dans le ciel de Paris, une comète est accrochée à la nuit, et dessous une poignée de simples mortels en crise et en mouvement.

Un projet né d'un stage d'acteurs

L'idée du film est venue des productrices, organisatrices de stages de formation pour acteurs et actrices. Elles ont proposé à Wajeman de réfléchir à un stage qui pourrait aboutir à un film de fiction. Il s'est dit intéressé à condition d'aller jusqu'au bout d'un format ambitieux, soit moyen, soit long métrage. Les contraintes : écrire pour dix-huit actrices et acteurs et filmer en très peu de temps pour un budget très modeste. Il a embarqué ses acteurs fétiches, Vincent Macaigne et Sarah Le Picard, ainsi que des comédiens de théâtre avec lesquels il rêvait de travailler, et bouclé l'affaire "dans une énergie fiévreuse, à la Cassavetes", dit-il.

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Une constellation d'éclats de vie

On est en 2024. Une comète est accrochée au plafond gris de la capitale, et dessous, les Parisiens font ce que les Parisiens font : ils grouillent et se grouillent. Un homme récupère son meilleur ami à la sortie de l'hôpital psychiatrique et part en virée avec lui. Une femme, micro en main, interroge les passants pour un podcast et leur demande s'ils aiment vivre ici et comment ils voient l'avenir. Une femme qui attend avec angoisse le résultat d'une mammographie doit composer avec son ex pour que le spectacle inspiré des Trois sœurs de Tchekhov que celle-ci met en scène ne capote pas. Un jeune artisan, qui rénove un appart au noir, entame un flirt avec sa psy. Une fille voit revenir dans sa vie le père qu'elle n'attendait plus… Autant de trajectoires singulières qui, bien sûr, vont se croiser et se rencontrer, cependant que la comète poursuit son imperceptible trajectoire et, peut-être, influe sur ceux qu'elle surplombe.

Une humeur entre angoisse et humour pince-sans-rire

On pense un peu à Melancholia de Lars Von Trier, mais l'humeur de Comète est moins apocalyptique qu'angoissée, avec une pointe d'humour mi-noir, mi-goguenard, en tout cas pince-sans-rire. La vie urbaine ne va pas sans solitude, ni sans convention, l'une nous pousse à se mentir, l'autre à mentir à l'autre, et le film porté par une troupe remarquable capte avec beaucoup de naturel les mouvements des uns et les élans des autres pour atteindre à sa vérité, se trouver et l'autre dans le même geste. Et tout cela pendant qu'une pièce se monte. Du reste, à la fin, l'ensemble figure une savoureuse pièce montée fourrée à la difficulté d'être dont on reprendrait volontiers une part.

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