Attentat de Nice : la policière Sandra Bertin jugée pour dénonciation calomnieuse
Policière jugée pour dénonciation calomnieuse après l'attentat de Nice

Près de dix ans après l’attentat de Nice, qui avait causé la mort de 86 personnes le soir du 14 juillet 2016 sur la Promenade des Anglais, la policière municipale Sandra Bertin comparaît ce mardi devant le tribunal correctionnel pour dénonciation calomnieuse. À l’époque, elle était cheffe du centre de supervision urbain, responsable du dispositif de vidéosurveillance de la ville.

Relaxée en septembre 2017 dans une affaire de diffamation après une plainte déposée par Bernard Cazeneuve, alors ministre de l’Intérieur, Sandra Bertin est cette fois jugée pour avoir répété à plusieurs reprises avoir subi des pressions de la part des autorités parisiennes lors de la rédaction de son rapport, rédigé le lendemain de l’attentat.

Une polémique sur le dispositif de sécurité

Après l’horreur et la sidération, une vive polémique a éclaté concernant le dispositif de sécurité mis en place ce soir tragique de Fête nationale. Les questions étaient nombreuses : que faisaient les policiers ? Combien étaient-ils ? Où étaient-ils positionnés ? Comment un camion de 19 tonnes a-t-il pu accéder aussi facilement à la zone piétonne ?

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Dès le lendemain de l’attentat, Christian Estrosi, alors premier adjoint à la mairie de Nice, a accusé l’État de « mensonges », pointant le faible effectif de policiers nationaux déployés, alors que le ministère de l’Intérieur affirmait que 64 agents étaient mobilisés ce soir-là.

Le témoignage de Sandra Bertin

Quelques jours plus tard, le journal Libération publiait une enquête révélant qu’une seule voiture de police municipale était positionnée pour bloquer l’entrée de la zone piétonne. Dix jours après l’attentat, le JDD relayait le témoignage de Sandra Bertin, comme le rappelle Le Figaro ce mardi.

Dans ce témoignage, la policière municipale détaille les pressions exercées par Paris pour « caviarder » les conclusions de son rapport. Elle évoque notamment l’insistance supposée d’une interlocutrice au cabinet du ministère pour qu’elle mentionne la présence de policiers nationaux aux côtés de l’équipage municipal. Sandra Bertin affirme n’avoir jamais vu ces policiers nationaux sur les images de vidéosurveillance.

Une version maintenue malgré les années

Dix ans plus tard, Sandra Bertin, toujours directrice mais à un autre poste, maintient sa version. En 2017, le tribunal l’avait relaxée dans l’affaire de diffamation au titre de la « bonne foi », jugeant qu’après une nuit blanche et 24 heures d’horreur, elle avait pu « fantasmer » ces pressions. Ce mardi, le tribunal correctionnel de Nice doit à nouveau se prononcer sur cette affaire.

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