Christelle d'Intorni porte plainte dans l'affaire de la tête de cochon à Nice
Plainte de Christelle d'Intorni dans l'affaire de la tête de cochon

La députée UDR de la 5e circonscription des Alpes-Maritimes, Christelle d'Intorni, a adressé une plainte contre X au procureur de la République de Nice, visant également « toute personne physique ou morale que l'enquête permettra d'identifier ». Cette initiative fait suite aux révélations de Nice-Matin dans l'affaire de la « tête de cochon », qui a marqué la fin de la campagne des élections municipales de Nice.

Une plainte pour des faits « particulièrement graves »

La parlementaire, proche d'Éric Ciotti, nouveau maire de Nice, sollicite l'ouverture d'investigations judiciaires sur un ensemble de faits qu'elle qualifie de « particulièrement graves ». Au cœur du dossier figure la mise en place alléguée d'une équipe « officieuse », qui aurait fonctionné à l'écart de l'organisation officielle de campagne du maire sortant, en place depuis 2008. Cette structure aurait eu pour mission de gérer des plateformes sur les réseaux sociaux « artificiellement présentées comme des pages de “fans” ou comme l'expression spontanée de citoyens niçois ».

L'objectif aurait été de diffuser des publications favorables à Christian Estrosi tout en dénigrant la liste conduite par Éric Ciotti, sur laquelle Christelle d'Intorni figurait en 70e position. La députée souligne que si une équipe distincte ne constitue pas une infraction en soi, la situation devient répréhensible si la structure a agi « pour le compte du candidat, avec son accord, à sa demande ou en coordination avec les responsables de sa campagne ».

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une enveloppe de 50 000 euros au cœur des investigations

Christelle d'Intorni souhaite que l'enquête fasse toute la lumière sur la traçabilité d'une « enveloppe d'un montant de 50 000 euros » mentionnée par Nice-Matin dans son édition du 4 août dernier. Selon l'enquête du journal, ce budget aurait été affecté aux actions de l'équipe officieuse de campagne de Christian Estrosi pour acheter des publicités sur la plateforme Meta (ex-Facebook).

Sur ce point, les versions semblent concorder. Amine S., dont la voiture avait été repérée à proximité du domicile de l'ancien maire le soir où la tête de cochon y a été déposée, et Sevan B., proche de Christian Estrosi et de son épouse, appelé en renfort lors de ces municipales, ont tous deux évoqué cette somme. Amine S. a également déclaré qu'un marché à 2 millions d'euros à la métropole aurait été promis en cas de victoire aux élections, ainsi qu'à son associé, Jean L., un ancien agent de la DST (le service de contre-espionnage français).

Fausses vidéos et faux enregistrements attribués à Éric Ciotti

La plainte de Christelle d'Intorni pointe également des instructions supposées pour fabriquer, par intelligence artificielle, de « fausses vidéos » ainsi qu'un « faux enregistrement » attribués à Éric Ciotti, afin de lui nuire pendant la campagne. En parallèle, le nouveau maire de Nice a indiqué qu'il se portait partie civile dans ce dossier. « Si ces faits sont confirmés, ils constitueraient l'un des plus graves scandales politiques de la Cinquième République », a déclaré Éric Ciotti dans un communiqué de presse.

Les avocats de Christian Estrosi, maîtres Olivier Baratelli et Gérard Baudoux, ont réagi en indiquant qu'« une information judiciaire est aujourd'hui en cours, en laquelle Christian Estrosi a toute confiance ». Cette instruction a « justement pour but de faire toute la lumière sur les agissements que sa femme et lui-même ont subis ». C'est donc « en tant que victime » que leur client relève que « les propos, dont Nice Matin nous apprend qu'ils auraient été tenus par M. [Amine S.], justifient encore plus la constitution de partie civile de Christian Estrosi, déterminé plus que jamais à ce que les responsabilités de chacun soient mises en lumière ». Les deux conseils ont annoncé déposer une plainte en dénonciation calomnieuse.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Le 27 février au soir, vers 22 h 30, le couple Estrosi découvrait en rentrant chez eux une demi-tête de porc accrochée aux grilles de sa résidence. Un tract à l'effigie du candidat sortant, surmonté d'une étoile de David, était épinglé sur l'animal. La plainte de Christelle d'Intorni et la constitution de partie civile d'Éric Ciotti devraient permettre de faire progresser l'enquête sur cette affaire qui a ébranlé la vie politique niçoise.