Paris : 242 parents alertent l'Élysée sur des violences périscolaires dans le 7e arrondissement
Paris : 242 parents alertent sur violences périscolaires

Une lettre au président pour dénoncer des dysfonctionnements graves

242 parents d'élèves scolarisés dans trois établissements du 7e arrondissement de Paris ont adressé un courrier au président de la République pour alerter sur des dysfonctionnements d'une gravité exceptionnelle affectant le service public, comme le révèle 20 Minutes. Cette initiative fait suite à la suspension de neuf animateurs périscolaires depuis fin janvier dans ces écoles, pour suspicions de violences physiques et sexuelles.

Des failles structurelles pointées du doigt

Les signataires dénoncent des failles structurelles dans le recrutement, l'organisation et le contrôle des dispositifs périscolaires. Cette affaire concerne les écoles Rapp, La Rochefoucauld et Saint Dominique, et a éclaté après la diffusion, le 29 janvier, d'une enquête de Cash investigation sur France 2. Ce reportage, filmé en caméra cachée, montrait le comportement inapproprié de certains agents.

Deux personnes mises en cause ont d'abord été suspendues immédiatement après la diffusion, puis une troisième suite aux déclarations d'une enfant, comme l'avait dévoilé 20 Minutes. Six autres suspensions ont suivi dans les jours suivants, selon Mediapart.

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Des plaintes collectives et des victimes nombreuses

Quelque 73 parents de ces écoles se sont regroupés pour porter plainte collectivement auprès du parquet de Paris, pour violences volontaires sur mineurs, mise en danger délibérée d'autrui ou encore délaissement d'une personne incapable de se protéger. La lettre précise que plusieurs dizaines de plaintes – possiblement plus de trente – ont été déposées pour agression sexuelle ou viol.

Les parents expriment leur stupéfaction d'apprendre que les suspects sont toujours en liberté, malgré le nombre élevé de plaintes. Ils reprochent notamment l'absence de communication de la mairie après la suspension du directeur du périscolaire en mai 2025, suspecté de violences sexuelles. Cette information n'avait jamais été portée à la connaissance des parents d'élèves, déplorent-ils, ajoutant : Nombre de victimes auraient pu être épargnées.

Des manquements institutionnels criants

Le courrier met en lumière une série de dysfonctionnements :

  • Le déplacement d'un animateur, suspecté de crier sur les enfants, vers une autre école (l'école Volontaires).
  • La faible réponse des institutions face au flot de plaintes.
  • L'absence de mise en place d'une cellule psychologique dédiée aux enfants, contrairement aux annonces de la mairie.
  • L'absence de réponse du rectorat aux demandes de changement d'établissement formulées par certaines familles.

Les familles s'alarment également de ne pouvoir faire constater les éventuelles lésions de leurs enfants par les autorités, en raison de la saturation des unités d'accueil pédiatrique pour enfants en danger (UAPED).

Un contexte national préoccupant

Tous nos enfants ont été exposés à des individus dangereux et à des violences […] dans un lieu en lequel nous avions confiance, alertent les parents. Ils remarquent que cette situation s'inscrit dans un contexte national de multiplication des révélations de violences, notamment sexuelles, au sein du périscolaire.

Une liste de demandes concrètes

Les 242 signataires formulent plusieurs demandes urgentes :

  1. Allouer sans délai les moyens nécessaires à la prise en charge médico-psychologique des enfants victimes et de leurs familles.
  2. Organiser les changements d'école sollicités par les parents d'élèves.
  3. Renforcer les moyens humains et matériels consacrés à l'enquête en cours.
  4. Engager, à l'échelle nationale, une réforme structurelle de l'organisation et du contrôle des temps périscolaires.

Contactés, ni la présidence de la République, ni le rectorat de Paris, ni la ville n'avaient répondu aux sollicitations de 20 Minutes au moment de la publication de cet article.

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