Maire de New York renonce à arrêter Netanyahou, faute de pouvoir légal
New York ne peut arrêter Netanyahou, selon le maire

Le maire de New York, Zohran Mamdani, a déclaré mardi 21 juillet dans une vidéo publiée sur X qu'il ne disposait pas de l'autorité légale nécessaire pour faire arrêter le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou pour des crimes de guerre présumés, s'il venait à se rendre dans sa ville. « Notre administration a examiné toutes les voies juridiques possibles. Il est clair que la ville de New York ne dispose pas de l'autorité légale indépendante pour appliquer ce mandat d'arrêt », a-t-il affirmé.

Un revirement après des déclarations martiales

Le week-end dernier, l'élu de 34 ans, dont le mandat a commencé le 1er janvier 2026, avait annoncé vouloir arrêter le chef du gouvernement israélien. Dans une interview au New York Times diffusée samedi, il avait qualifié Benyamin Netanyahou de « criminel de guerre » et indiqué que son administration examinait activement la possibilité de l'arrêter s'il se rendait à l'Assemblée générale des Nations unies en septembre prochain.

Pour le maire, Benyamin Netanyahou est « l'architecte d'un génocide horrible contre le peuple palestinien ». Il tient ces propos depuis sa campagne victorieuse pour la mairie de New York en novembre 2025, qu'il a remportée avec un peu plus de 50 % des voix.

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Le mandat de la CPI et l'immunité

Benyamin Netanyahou fait l'objet depuis novembre 2024 d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), basée à La Haye, qui l'accuse de crimes de guerre, notamment « l'utilisation de la famine comme méthode de combat » et une « attaque délibérément dirigée contre la population civile ». Il est également accusé de crimes contre l'humanité dans le cadre de l'offensive menée en représailles à l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023.

Dans sa déclaration de mardi, Zohran Mamdani n'a pas précisé comment il était parvenu à cette conclusion. Mais selon des experts en droit international, plusieurs raisons expliquent l'impossibilité d'une arrestation par l'administration new-yorkaise. Premièrement, les États-Unis ne sont pas membres de la CPI. Il n'existe aucun mécanisme prévu par le droit américain pour exécuter les mandats d'arrêt de la CPI, explique Alex Whiting, ancien responsable du ministère de la Justice américain, cité par Reuters.

Obstacles juridiques et loi américaine

Juridiquement, il est impossible pour les États-Unis de livrer quiconque à la CPI. Une loi américaine de 2002, l'American Service-Members Protection Act, interdit expressément aux États-Unis d'extrader quiconque vers la CPI. Cette loi précise qu'« aucun tribunal des États-Unis, ni aucune entité étatique ou locale ne peut coopérer avec la Cour pénale internationale en réponse à une demande de coopération présentée par celle-ci en vertu du Statut de Rome ».

De plus, les États-Unis reconnaissent généralement l'immunité des chefs d'État et des représentants des Nations unies sur le territoire national. Les chefs de gouvernement en exercice, comme Benyamin Netanyahou, bénéficient donc d'une immunité empêchant toute arrestation et toute poursuite devant les tribunaux américains. Les représentants des États membres de l'ONU jouissent d'une protection juridique lors de leurs déplacements vers et depuis une réunion de l'ONU, selon Rebecca Ingber, ancienne juriste au Département d'État américain.

Appel au gouvernement fédéral et position de Trump

À défaut de pouvoir arrêter lui-même Netanyahou, Zohran Mamdani a appelé mardi le gouvernement fédéral à exécuter le mandat, tout en affirmant que l'Israélien n'était « pas le bienvenu à New York, pas plus qu'aucun autre criminel de guerre en fuite ». Mais pour que le gouvernement puisse agir, les États-Unis devraient adhérer à la CPI et abroger la loi sur la protection des militaires, indique Alex Whiting. Même dans ce cas, l'accord entre l'ONU et les États-Unis accordant l'immunité aux représentants de l'ONU resterait un obstacle.

Autre obstacle majeur : le président Donald Trump, ouvertement hostile à la CPI, a clairement exprimé son soutien au dirigeant israélien. Sans faire explicitement référence aux déclarations du maire de New York, Trump a assuré lundi sur les réseaux sociaux que Netanyahou « ne sera arrêté d'aucune manière, sous aucune forme, tant qu'il se trouvera aux États-Unis ».

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