Deux des trois militants antifascistes mis en examen dans le cadre de l'enquête sur la mort de Quentin Deranque, survenue en juin dernier à Nancy, ont déposé une plainte contre des militants d'extrême droite pour des violences qu'ils affirment avoir subies. Cette plainte, révélée ce dimanche par leurs avocats, vise à contre-attaquer après avoir été eux-mêmes incriminés.
Les faits : une soirée qui tourne au drame
Le 22 juin, Quentin Deranque, 19 ans, avait été retrouvé grièvement blessé dans le quartier de la gare à Nancy après une altercation impliquant des groupes antifascistes et d'extrême droite. Il est décédé quelques jours plus tard à l'hôpital. Trois militants antifascistes avaient été mis en examen pour "violences en réunion ayant entraîné la mort sans intention de la donner".
Une contre-plainte pour violences
Les deux militants, dont l'identité n'a pas été divulguée, ont déposé plainte le 25 juillet pour "violences volontaires en réunion" et "tentative d'homicide" contre des individus identifiés comme proches de la mouvance d'extrême droite nancéienne. Selon leur avocat, Maître Pierre Lefèvre, ils auraient été "pris à partie et frappés violemment lors de l'incident", contrairement à la version initiale qui les présentait comme les agresseurs. "Mes clients sont les véritables victimes de cette soirée tragique", a-t-il déclaré, ajoutant que des éléments vidéo étayent leur récit.
Contexte de tensions récurrentes
Nancy est le théâtre de tensions régulières entre ces deux mouvances. En 2023, plusieurs affrontements avaient déjà eu lieu lors de manifestations. Cette nouvelle plainte relance l'enquête, alors que le parquet de Nancy avait initialement orienté les investigations vers les seuls antifascistes. Maître Sophie Durand, avocate d'une partie civile proche de l'extrême droite, a qualifié cette plainte de "manœuvre dilatoire" et maintient que les trois mis en examen sont les responsables directs de la mort de Quentin Deranque.
Les avocats des deux plaignants réclament désormais une confrontation avec les militants d'extrême droite, ainsi que l'exploitation des vidéos de surveillance du secteur. L'enquête se poursuit sous l'autorité d'un juge d'instruction.
Réactions et impacts
Cette affaire suscite une vive émotion dans la ville, où une manifestation en hommage à Quentin Deranque a rassemblé plusieurs centaines de personnes la semaine dernière. Des élus locaux ont appelé au calme, tandis que des associations antifascistes dénoncent une "instrumentalisation" de la mort du jeune homme. Les proches de la victime, eux, attendent des réponses sur les circonstances exactes du drame.
Selon une source proche du dossier, au moins trois témoins ont été entendus cette semaine, et l'analyse des téléphones portables des mis en examen est en cours. La défense espère que cette contre-plainte permettra de faire la lumière sur les responsabilités respectives.



