Montpellier : Trois ans de prison pour l'agression violente d'un sexagénaire aux Arceaux
Montpellier : 3 ans de prison pour agression d'un sexagénaire

Une agression violente dans le quartier des Arceaux

Un individu âgé de 29 ans a été condamné à une peine de prison ferme pour avoir gravement blessé et volé un sexagénaire de 60 ans, peu avant les fêtes de Noël, dans le quartier des Arceaux à Montpellier. Les faits se sont déroulés dans la nuit du 21 décembre, peu après 3 heures du matin, à proximité de l'emblématique aqueduc de la ville.

Le déroulement des événements

La victime, qui venait de quitter le restaurant la Cigale après avoir célébré un "Noël des copains", a été abordée par un automobiliste au volant d'une Peugeot 307 grise. "Je me suis penché vers lui mais je n'ai pas compris ce qu'il disait", a témoigné le sexagénaire lors de l'audience. "Il est sorti du véhicule mais je suis reparti en direction de chez moi".

Les images de vidéosurveillance ont cependant révélé une suite bien différente. On y voit l'individu quitter son véhicule et suivre discrètement le sexagénaire en remontant vers l'avenue de l'École d'agriculture. Quelques instants plus tard, l'homme de 60 ans est violemment frappé par-derrière et s'effondre lourdement sur le sol.

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Des blessures graves et un traumatisme profond

L'agression a provoqué la fracture d'un os du bras droit de la victime, qui a également perdu connaissance brièvement. À son réveil, il découvre qu'il a été délesté de trois téléphones, de ses clés de voiture et de maison, ainsi que de son portefeuille.

Malgré la gravité de ses blessures, l'homme trouve la force de regagner son domicile situé à proximité, avant d'être immédiatement conduit à l'hôpital par son épouse. Il devra attendre près de trente heures avant de pouvoir être opéré, et les médecins lui prescriront 45 jours d'incapacité totale de travail.

Une enquête qui progresse rapidement

L'épouse de la victime dépose plainte contre X le 23 décembre, déclenchant une enquête qui va rapidement aboutir. La Peugeot 307 identifiée appartient à une femme dont le compagnon a justement été aperçu dans le secteur des Arceaux durant la nuit des faits.

Le portrait-robot dressé par la victime correspond parfaitement à la description du suspect : grand, barbu et de type nord-africain. Un élément décisif vient confirmer cette piste : l'un des téléphones volés a borné à proximité du domicile de la compagne du suspect, dans le quartier de Celleneuve, quelques minutes seulement après l'agression.

L'interpellation et les déclarations du prévenu

Identifié sous le nom de Radhwane, un Algérien de 26 ans, le suspect est interpellé le 3 février. Face aux enquêteurs, il reconnaît une altercation avec la victime mais nie fermement être l'auteur de l'agression violente.

Ses déclarations se révèlent cependant peu crédibles et contradictoires. "Il m'a demandé une cigarette", affirme-t-il, ignorant visiblement que sa victime ne fume pas. "Il m'a proposé une faveur sexuelle chez lui", ajoute-t-il, sans savoir que l'homme était attendu cette nuit-là par sa femme et sa fille.

Interrogé sur sa présence sous l'aqueduc à 3 heures du matin, Radhwane répond : "Je faisais le tour des poubelles pour chercher à manger ou des vêtements", une explication qui ne convainc pas les enquêteurs.

Un témoignage poignant à l'audience

Lors de l'audience du 6 février devant le tribunal correctionnel de Montpellier, la victime a livré un témoignage particulièrement émouvant. "Je fête aujourd'hui mes 61 ans. J'ai eu le malheur de croiser ce type. Ça a été le début de 35 heures d'atroces souffrances", a-t-il déclaré.

L'homme a également évoqué les conséquences dramatiques de cette agression sur sa vie professionnelle et familiale : "Je suis parti pour six mois de rééducation, alors que je venais de changer d'emploi. Quant à ma fille de 14 ans, elle a cru que j'allais mourir, elle est traumatisée".

Les arguments de la défense et du parquet

L'avocat de la victime, Me Abratkiewicz, a souligné les "preuves accablantes" accumulées contre le prévenu, ainsi que sa "version rocambolesque" des faits. Il a également mis en avant le "préjudice très important" subi par son client, qualifié de "victime de prédation".

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La procureure, Mme Peyre, a pour sa part salué "le courage de la victime qui est venue s'expliquer" devant le tribunal. Elle a dénoncé "les inconstances dans les déclarations du prévenu" et qualifié les faits de "lâches et lucratifs". La magistrate a également rappelé que Radhwane faisait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français depuis 2023.

La sentence du tribunal

Le tribunal présidé par Mme Fredon a suivi les réquisitions du parquet en prononçant une peine de trois ans d'emprisonnement, dont deux ferme. Le casier judiciaire vierge du prévenu a justifié l'octroi d'une année avec sursis.

Un mandat de dépôt a été immédiatement prononcé, conduisant Radhwane directement en prison. Le tribunal a également prononcé plusieurs interdictions complémentaires :

  • Interdiction du territoire français pour une durée de trois ans
  • Interdiction de port d'arme pour cinq ans
  • Obligation de verser près de 9 000 euros au titre des préjudices et dommages et intérêts

Les intérêts civils devront être chiffrés lors d'une prochaine audience. La compagne du condamné, enceinte de sept mois et présente dans la salle d'audience, a assisté impuissante au départ de son compagnon vers la détention.