Éleveur lozérien condamné pour avoir empoisonné sept loups au parc du Gévaudan
Éleveur condamné pour empoisonnement de sept loups

Un éleveur bovin lozérien a été condamné ce mardi 23 juin 2026 par le tribunal correctionnel de Mende à deux ans de prison avec sursis et 10 000 euros d'amende pour avoir empoisonné sept loups du Parc des Loups du Gévaudan, à Saint-Léger-de-Peyre. Qualifié de « l'empoisonneur en série » par la présidente du tribunal, l'agriculteur a sévi de novembre 2024 à septembre 2025, tuant les animaux avec des boulettes de viande hachée contenant environ dix grammes de mort-aux-rats. Les canidés sont morts après plusieurs heures de souffrance, par hémorragie interne.

Un geste mal dirigé contre les vautours

Lors de l'audience, le prévenu, installé à proximité du parc, a reconnu les faits dès sa garde à vue. Il a expliqué que son geste ne visait pas les loups, mais les vautours. « Quand le parc nourrit ses animaux, il y a 300 vautours qui viennent se servir. On retrouve des os sur l’exploitation, de la viande dans l’eau… », a-t-il déclaré. Il affirme également qu'un de ses veaux a été attaqué par les rapaces, sans qu'aucune indemnisation ne lui ait été accordée. Interrogé par la présidente, il a admis ne pas savoir que les loups du parc n'étaient pas des espèces endémiques, contrairement à ceux présents à l'état sauvage.

Des précédents au parc

Le Parc des Loups du Gévaudan, créé il y a quarante ans, a déjà subi plusieurs agressions. En 1995, un loup avait été abattu. En 2016, une clôture endommagée avait permis l'évasion d'un groupe de loups, tous récupérés sauf un présumé mort. En 2018, un gendarme avait été blessé lors d'incidents. L'épisode de 2016, qui a marqué le monde agricole, a été évoqué par le prévenu.

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Des conséquences collatérales

Audrey Prucca, responsable zoologique du parc, et Sylvain Macchi, responsable zootechnique, ont témoigné des répercussions des empoisonnements. « De nombreux sujets dominants ont été empoisonnés. Cela a provoqué des dommages collatéraux. Six loups sont morts lors d’affrontements qui n’auraient probablement pas eu lieu si les dominants étaient restés en vie », a expliqué Audrey Prucca. Les deux spécialistes ont aussi évoqué l'angoisse quotidienne de découvrir un nouvel animal mort. « Ça nous a causé du mal-être, du stress et de la colère », a résumé Sylvain Macchi.

Des réquisitions fermes

Le procureur de la République, Valéry Morron, a requis une peine sévère. « Je suis en colère. Tout ça pourquoi ? Pour rien ! Un éleveur qui protège ses animaux et qui vient tuer ceux des autres, c’est indigne et incompréhensible », a-t-il lancé. Le prévenu a finalement été condamné à deux ans de prison avec sursis et 10 000 euros d'amende. Ni la Selo, qui exploite le parc, ni Audrey Prucca et Sylvain Macchi ne se sont constitués parties civiles. « Nous ne voulions tirer aucun profit de cette histoire ni enfoncer ce garçon », a insisté Roger Crueyze, directeur de la Selo.

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