Une information judiciaire a été ouverte et un juge d’instruction saisi après des soupçons de viols visant un enseignant des Alpes-Maritimes, a indiqué le procureur de Grasse, Eric Camous. Cette procédure intervient après le dépôt d’une plainte avec constitution de partie civile par des parents d’élèves, qui entendent ainsi relancer une enquète initialement classée sans suite en octobre dernier. À l’époque, le parquet avait estimé qu’« il n’existe aucune charge susceptible de laisser soupçonner la réalité des faits qui ont été rapportés à la justice ».
Des parents déterminés à faire rouvrir le dossier
Mardi, plusieurs parents d’élèves ont pris la parole publiquement lors d’une conférence de presse, vivement critiquant la première enquête, certains la qualifiant de « bâclée ». Leur démarche vise à obtenir de nouvelles investigations. Tout part de déclarations d’enfants : deux élèves de moyenne section d’une école de Saint-Laurent-du-Var avaient affirmé que leur maître mettait « des doigts aux fesses ». Une parole difficile à recueillir et à vérifier, qui avait déjà suscité des tensions lors de l’enquête initiale.
Selon un parent plaignant, l’audition de son enfant par la police s’est déroulée trop rapidement et sans mise en confiance. L’enfant n’aurait alors répondu que « je sais plus ». De son côté, le parquet évoquait à l’époque des « propos difficilement formulés » par les enfants. Certains éléments, comme le lieu des faits, étaient restés « impossible à contextualiser ». L’un des élèves avait même déclaré que « rien ne s’était passé » lors de son audition.
Plusieurs plaintes et une situation floue
Après les premières accusations, l’enseignant avait été suspendu. Une réunion organisée avec les parents avait ensuite conduit à deux nouvelles plaintes pour des faits similaires, déposées pour d’autres enfants. Mais après le classement sans suite, il a été réintégré, tout en étant affecté à un poste sans contact avec des élèves. En poste depuis plus de dix ans, il n’avait jamais fait l’objet de signalement. Selon le parquet, il « a farouchement contesté des accusations qui l’ont plongé dans la plus totale incompréhension ».
Aujourd’hui, les parents mettent en avant d’autres éléments. Les enfants suivis en service de psychologie à l’hôpital auraient reçu des attestations mentionnant des symptômes compatibles avec des traumatismes similaires à ceux décrits. Ces nouvelles preuves pourraient relancer l’enquête et permettre de faire la lumière sur cette affaire sensible.



