L'Association pour le maintien de l'agriculture paysanne (Amap) des Maures, installée depuis 19 ans dans une salle communale du centre-ville, a dû déménager en urgence sur le parking de la cave coopérative, à la demande de la municipalité. Les adhérents et producteurs dénoncent une décision « arbitraire » et s'inquiètent des conditions de distribution.
Un déménagement forcé après 19 ans de présence
Ce vendredi soir, sur le parking de la cave coopérative, les membres de l'Amap des Maures s'abritent sous le seul grand arbre du coin, près de la voie ferrée. Les « Amapiens », venus récupérer leurs paniers de fruits, légumes et autres produits locaux, débordent sur la route. Il n'est pas rare que des véhicules surgissent, obligeant le groupe à se regrouper sur le bas-côté. Une situation loin d'être idéale, qui contraste avec les 19 années passées au centre-ville, où la salle communale était prêtée à l'association.
La municipalité a récemment décidé de reprendre cette salle, provoquant un déménagement d'urgence. Oriane Mertz, présidente de l'Amap, et Sabrina Moreau, secrétaire, qualifient cette décision d'« arbitraire, injuste ». Elles soulignent que le nouveau site est « à l'écart du centre-ville, inadapté, peu visible, et bien moins accessible aux Amapiens qui pouvaient, avant, profiter des commerces des alentours et participer au dynamisme économique de la commune ».
Le maire justifie une gestion communale « à flux tendu »
Le maire, Jean-Luc Longour, assume ce choix : « Cela fait partie de la gestion communale. Nous manquons de salles pour les activités communales, on est à flux tendu, pourquoi devrions-nous privilégier une association plutôt qu'une autre ? » Il ajoute qu'« une Amap n'est pas une association comme les autres, elle présente une activité lucrative ».
Le premier magistrat indique avoir proposé une alternative : « Nous avons proposé à l'Amap de tenir un stand sur le marché, le samedi matin, et ainsi de participer, avec les autres producteurs locaux, à l'animation de ce marché. Ce qui soutiendrait aussi l'activité agricole. Ils ont refusé. »
L'Amap rejette la solution du marché
Oriane Mertz et Sabrina Moreau assument ce refus : « Nous n'avons pas de vente en direct, l'échange d'argent est d'ailleurs contraire aux statuts d'une Amap. » Elles ajoutent que « la distribution ne dure qu'une heure, et il faut un abri en cas de mauvais temps car l'Amap garantit la distribution hebdomadaire, contrairement à un marché ».
Les producteurs, qui dépendent de cette vente hebdomadaire pour écouler leurs produits, s'inquiètent des conditions météorologiques : « En cas d'intempérie, comment ça va se passer ? »
Un dialogue rompu, des recours juridiques envisagés
Le dialogue semble rompu entre les deux parties. Jean-Luc Longour insiste : « Le prêt d'une salle n'est pas une obligation, ce n'est pas une rente à vie. Le conseil a décidé de suspendre ce prêt, et nous avons proposé une solution cohérente. »
De leur côté, les responsables associatives annoncent : « Nous étudions les possibilités juridiques de faire revenir le maire sur sa décision. Ou une autre proposition : une salle abritée en cas d'intempérie, accessible aux dizaines de producteurs et à la cinquantaine d'Amapiens, une heure par semaine. » Deux points de vue irréconciliables, pour l'instant.



