Jean-Marie Beney prend sa retraite après 46 ans de magistrature
Jean-Marie Beney raccroche après 46 ans de carrière

Jean-Marie Beney, procureur général de Montpellier, quitte ses fonctions le 30 juin 2026, à 68 ans, après 46 ans de carrière dans la magistrature. Il a passé sept années à la tête du parquet général de Montpellier, supervisant l'action judiciaire dans l'Aude, l'Aveyron, les Pyrénées-Orientales et l'Hérault. Entré à l'École nationale de la magistrature en 1980, il a connu 32 gardes des Sceaux et tire sa révérence avec regrets.

Une carrière marquée par la lutte contre le crime

Jean-Marie Beney a débuté comme juge d'instruction à Reims en 1982. Il se souvient de sa première affaire : un incendie volontaire provoqué par une mère désespérée, dont le corps de l'enfant tenait dans une boîte à chaussures. « Tout ça, ça marque, je serai encore capable de vous raconter l'instruction par le menu », confie-t-il. Il a ensuite été directeur de cabinet du garde des Sceaux Pascal Clément en 2006-2007.

En 2007, nommé procureur général à Dijon, il rouvre l'enquête sur la mort du petit Grégory Villemin, noyé en 1984, évitant la prescription. Il qualifie l'affaire d'« échec collectif, avec un manque de professionnalisme à tous les étages, chez les enquêteurs, les magistrats, les avocats, les journalistes ».

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Face à la criminalité du Midi

Arrivé à Montpellier en 2019, il découvre une criminalité « très fortement ancrée, active, structurée, avec des chefs, des sous-chefs et des exécutants, tenue par la communauté des gens du voyage sédentarisés ». Il évoque aussi la période du Covid, marquée par un « débridage de la violence, un pic comme si le couvercle de la cocotte avait sauté d'un coup, avec tout un tas de scènes avec des armes à feu, des flingages, résolus pour l'essentiel ».

« Ce que j'aime bien, c'est faire appliquer la loi, et quand en face on a des gens qui la violent et qui en vivent bien, je me dis que ce n'est pas peine perdue d'aller les chercher pour les mettre à l'écart, et leur confisquer le produit de leurs infractions », explique-t-il. « Il y a ce côté adrénaline que j'aime bien, à aller titiller le voyou et le malfaisant. »

Le procès d'Amandine et autres affaires marquantes

Sa dernière rencontre criminelle marquante est le procès d'Amandine, adolescente de 13 ans affamée jusqu'à la mort par sa mère et son beau-père à Montagnac, jugé en janvier 2025. « Tous ceux qui ont participé à ce procès sont marqués à vie par les horreurs commises sur Amandine et par la personnalité de sa mère, Sandrine Pissara (condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité) », déclare-t-il. « C'était un système élaboré, et il fallait sanctionner l'auteur à cette hauteur. »

Malgré ces horreurs, Jean-Marie Beney reste « profondément confiant dans la nature humaine ». « Il y a bien sûr des malfaisants intégraux, et je n'ai pour eux aucun état d'âme. Mais j'ai aussi appris qu'on peut toujours miser sur le bon côté de la force, et discerner une part qu'on peut mettre en valeur dans l'être humain. »

Son successeur est Eric Mathais, actuel procureur de la République de Bobigny, qui prendra ses fonctions début septembre 2026.

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