L'ancien ministre de la Culture face à la tempête médiatique
L'ancien ministre de la Culture, Jack Lang, actuellement au cœur d'une polémique liée à l'affaire Epstein, a fermement réaffirmé son innocence et dénoncé avec véhémence ce qu'il qualifie de campagne de désinformation massive. Dans un entretien exclusif accordé à La Tribune Dimanche, l'homme politique emblématique, contraint de démissionner de la présidence de l'Institut du monde arabe (IMA), se dit « blanc comme neige » et fustige « un tsunami de mensonges » qui aurait submergé les médias.
Une enquête judiciaire et des accusations graves
La situation de Jack Lang s'est considérablement tendue après l'ouverture d'une enquête par le parquet national financier pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée ». Cette procédure judiciaire vise également sa fille, Caroline Lang, et fait suite aux révélations concernant une société offshore qu'elle a fondée en 2016 avec l'homme d'affaires américain Jeffrey Epstein. Jack Lang exprime un certain soulagement face à cette saisine judiciaire, appelant de ses vœux « la vraie justice et non pas la justice médiatique ou numérique ».
L'ancien ministre reconnaît que son nom figurait dans les statuts de cette société, mais il insiste sur le fait que sa participation se limitait à une proposition de Jeffrey Epstein visant à créer un fonds pour acheter des œuvres de jeunes artistes. « J'ai trouvé que c'était une bonne idée. Pour le reste, je ne m'en suis pas occupé », déclare-t-il, ajoutant avec force : « Jamais l'argent n'a été un moteur » et « Tout est légal ».
Des relations avec Epstein et une défense acharnée
Jack Lang assure n'avoir jamais reçu un centime de Jeffrey Epstein, l'homme d'affaires décédé en prison en 2019 alors qu'il était accusé d'être à la tête d'un réseau pédocriminel. Il concède avoir dîné « une fois » chez le financier à Paris, mais affirme ignorer totalement sa condamnation de 2009 pour sollicitation de prostituée mineure. « Je n'en savais rien ! Et toutes ces belles âmes, qui aujourd'hui nous parlent de cette condamnation, l'ignoraient aussi », se défend-il avec vigueur.
L'ancien ministre, figure marquante des années Mitterrand, réagit également aux articles le dépeignant comme un mondain laissant des ardoises. « J'ai toujours l'habitude de payer mes factures », assure-t-il, évoquant au passage des propositions du créateur Thierry Mugler de l'habiller, qu'il juge anodines.
Projets de financement et succession à l'IMA
Interrogé sur des sollicitations de fonds pour financer deux films – l'un sur sa fille Valérie Lang, décédée en 2013, et l'autre sur les années « Lang-Mitterrand » –, Jack Lang affirme que tout cela est parfaitement légal et banal. Il rejette toute implication financière douteuse, martelant son intégrité.
Par ailleurs, concernant sa succession à la tête de l'Institut du monde arabe, Jack Lang émet le souhait que ce poste soit occupé par une femme, notant que « ça a toujours été des hommes ». Cette remarque souligne son engagement passé pour la parité, même dans un contexte personnel difficile.
À travers cet entretien, Jack Lang livre un plaidoyer passionné pour sa défense, dénonçant une tempête de boue médiatique tout en réaffirmant son attachement aux valeurs de transparence et de légalité. L'affaire, qui mêle enquête financière, relations controversées et battage médiatique, continue de faire couler beaucoup d'encre, avec l'ancien ministre déterminé à restaurer son honneur.



