Trois infirmiers des urgences de l'hôpital de Béziers, révoqués le 12 mai sans indemnité pour des soupçons de maltraitance et de racisme, contestent cette sanction devant le tribunal administratif de Montpellier. L'audience est prévue en juin. La direction défend la dignité du service public, tandis que la défense nie toute infraction pénale.
Des accusations graves contestées
Le 15 février, des personnels infirmiers des urgences de l'hôpital de Béziers ont été mis en cause dans une affaire de malveillance, de harcèlement et de racisme sur des personnes vulnérables. Ces personnels, également pompiers volontaires dans différents centres du Biterrois, ont été dénoncés par leurs collègues. Ces derniers estimaient anormal que les suspects continuent à exercer sans problème.
Le mardi 12 mai, le centre hospitalier de Béziers a prononcé la révocation et le licenciement sans indemnité des trois infirmiers. Une sévérité inédite, selon la direction, visant à protéger la dignité du service public. Cette sanction est désormais attaquée devant le tribunal administratif de Montpellier par les mis en cause.
« La rumeur tue »
Dans un courrier adressé à la rédaction, l'un des intéressés a titré sa missive : « La rumeur tue ». Il insiste : « Il faut rétablir la vérité sur les infirmiers de Béziers. Il n'y a jamais eu d'acte de malveillance. Aucune infraction n'a été constatée par la justice et le litige est strictement administratif. »
L'avocat des trois plaignants, Me David Guyon, précise : « Les faits rapportés évoquent des accusations particulièrement graves. Ils tiennent à des faits supposés de maltraitance, de harcèlement et de discrimination. Ces faits sont contestés, tant dans leur matérialité que dans leur caractère fautif. À ce jour, aucune poursuite pénale n'a été engagée. Aucune décision ne constate l'existence d'une infraction. Les procédures évoquées relèvent exclusivement du champ administratif et disciplinaire. Nous appelons à la plus grande prudence et retenue dans les commentaires publics. Les droits de la défense et la dignité des agents doivent être respectés. »
Procédure disciplinaire et enquête judiciaire
Le 19 février, Arnaud Faugère, procureur de la République de Béziers, confirmait avoir reçu un article 40 de la part du directeur de l'hôpital. « Le parquet attend de nouveaux éléments pour analyser et apprécier les suites à lui donner. » Le dossier est toujours suivi par la justice.
La direction de l'hôpital avait expliqué en février : « Une procédure disciplinaire a été engagée contre des agents. Une suspension à titre conservatoire a été prononcée. Mais pour ces personnels, nous nous devons de respecter le droit à la présomption d'innocence. Si les faits dénoncés sont répréhensibles, ils seront sanctionnés par une commission de discipline. » Le 12 mai, la sanction est tombée : les conseils de discipline se sont prononcés, à la majorité pour deux d'entre eux et à l'unanimité pour le troisième, en faveur d'une révocation et d'un licenciement sans indemnité.
« Ces décisions particulièrement lourdes traduisent la gravité des faits reprochés et la détermination de l'établissement à ne tolérer aucun comportement attentatoire à la dignité, à la sécurité et au respect dus aux patients pris en charge dans le service public hospitalier », a alors déclaré la direction.
La direction exprime tout son soutien aux équipes, en particulier aux personnels des urgences : « Ils ont pu être affectés par les amalgames et les répercussions médiatiques consécutives à cette affaire. Les comportements individuels sanctionnés ne sauraient remettre en cause le professionnalisme, l'engagement et l'éthique des soignants et agents hospitaliers dans leur ensemble. »
L'audience au tribunal administratif de Montpellier se déroulera en juin. L'affaire est à suivre.



