Tout commence le vendredi 24 juillet dans un appartement de Lodève. Une jeune femme y retrouve des amis pour passer l’après-midi et le début de soirée. Elle y fait la connaissance d’un homme de 43 ans, de nationalité algérienne, qui maîtrise mal le français. Celui-ci lui demande de l’aide pour commander des billets d’avion afin de rejoindre son épouse, qui vit en Algérie, et avec laquelle il est marié depuis 2002.
Alors que les deux se retrouvent seuls, l’homme change soudainement de comportement. Il propose à la jeune femme de devenir sa femme en France, affirmant avoir déjà trouvé un appartement. Elle le repousse, mais il insiste. S’ensuit une agression qui, selon la victime, se prolonge de 18 heures à 22 heures, soit quatre heures de violences.
Des gestes contraints et une tentative de suicide
La plaignante raconte que son agresseur l’a bloquée entre ses jambes avant de se frotter contre elle. Il aurait aussi glissé une main dans son soutien-gorge et l’aurait embrassée de force sur le visage, la poitrine et le cou, allant jusqu’à laisser un suçon. Un peu après 21 heures, elle parvient à envoyer des messages de détresse à ses amies : « Urgent ! », « Venez vite ! ».
Les amies arrivent et la raccompagnent chez elle. Mais le traumatisme est profond. La jeune femme fait une double tentative de suicide, en s’ouvrant le poignet et en avalant une grande quantité d’antidépresseurs. Sous la pression de ses proches, elle finit par porter plainte auprès des gendarmes. Lors de son audition, elle n’arrête pas de s’excuser et de se sentir coupable. Un médecin constate ses blessures et lui prescrit trois jours d’incapacité totale de travail, décrivant un état de détresse psychologique majeur.
Une confrontation douloureuse à l’audience
Mercredi 29 juillet, le tribunal judiciaire juge l’affaire. La victime, constituée partie civile, se trouve face à son agresseur, qui comparaît libre. L’homme est assis à moins d’un mètre d’elle. Pendant que la présidente relate les faits, la jeune femme fond en larmes. Le prévenu, lui, se défend avec véhémence, répétant à plusieurs reprises en français : « Je suis innocent, je subis une injustice ».
La défense plaide la relaxe. L’avocat assure que la victime « a du mal à gérer ses émotions ». Il ajoute, à propos du dossier, que « le ministère public mène une politique » et que « la volonté du tribunal est de satisfaire le grand public et les médias ».
Deux ans de prison ferme et inscription au fichier des délinquants sexuels
Après une heure de délibérations, le tribunal rend son verdict. Le quadragénaire est condamné à deux ans de prison ferme, assortis d’un mandat de dépôt. Il est donc conduit immédiatement en prison. La condamnation s’accompagne de peines complémentaires : une interdiction d’entrer en contact avec la victime pendant trois ans et l’inscription au fichier national des auteurs d’infractions sexuelles.
Le tribunal a également alloué à la victime une somme de 2 000 euros en réparation de son préjudice moral. L’homme, qui réside en France depuis 2007, était inconnu des services de justice et présentait un casier judiciaire vierge avant ces faits. L’affaire aura été jugée en à peine cinq jours, une réponse pénale rapide pour des faits de cette gravité.



