« Il faut rendre le changement climatique compréhensible et concret », insiste Virginie Hilssone-Lévy, journaliste spécialisée météo-climat-environnement et marraine de la septième édition du Monde nouveau, le forum de la transition environnementale et sociétale d’Occitanie. L’événement se tient ce vendredi 2 octobre au siège de Midi Libre à Saint-Jean-de-Védas, de 9 h 30 à 19 h, avec des tables rondes, un espace des solutions et des rendez-vous BtoB.
Une marraine engagée pour la pédagogie climatique
Virginie Hilssone-Lévy explique avoir accepté ce rôle car « Midi Libre est un beau média » et que le forum représente « une belle opportunité ». Depuis plus de dix ans, elle travaille sur ces thématiques, d’abord dans les médias traditionnels, puis sur le digital, motivée par une frustration : « évoquer ces sujets uniquement sur les plateaux télé de manière anxiogène ». Elle a souhaité « en parler de façon plus fun et surtout avoir un peu plus le temps pour faire de la pédagogie ».
Elle constate que « tout est bon pour essayer de sensibiliser, que ce soit les formats sur les réseaux sociaux, les tables rondes, les conférences ». Son approche privilégie le concret et les solutions face à l’urgence climatique.
Des idées reçues tenaces face aux canicules et incendies
Interrogée sur l’état d’esprit du public, la journaliste note un « rapport direct avec les gens » via les réseaux sociaux, qui lui permet de connaître leurs préoccupations. Après un été marqué par « cinq canicules et les incendies », elle a reçu « beaucoup de messages avec des craintes, de l’inquiétude pour l’avenir », mais aussi « plus de messages que d’habitude avec des prises de conscience ». Elle observe des publics variés : « des gens plus intéressés, d’autres qui essaient de s’informer et puis il y en a qui sont un peu plus climato-sceptiques », même si elle s’attendait à davantage de messages dans ce dernier sens.
Parmi les idées reçues les plus fréquentes, elle cite la chaleur : « oui, il fait chaud, mais on a déjà connu ça, on ne va pas s’inquiéter à chaque fois qu’il fait 40 degrés ». Elle répond que l’on a déjà connu des 40° par le passé, « mais pas aussi souvent, c’est presque la nouvelle norme en été et c’est le plus inquiétant ». Elle s’appuie sur « des chiffres, des sources fiables » et rappelle que le réchauffement est « beaucoup plus rapide qu’auparavant ». Un autre exemple récurrent concerne les incendies : « bon OK, ça brûle, mais ce n’est pas grave, la nature sait se régénérer rapidement ». Elle explique alors que « ce sont des écosystèmes entiers qu’il va falloir remettre en place », et non une simple plantation d’arbres.
Un forum pour explorer la transition et ses solutions
Le Monde nouveau, organisé par le groupe la Dépêche du Midi, propose un format renouvelé pour sa septième édition. Des tables rondes aborderont la décarbonation, l’énergie, l’eau, la santé environnementale et l’intelligence artificielle. Un espace des solutions mettra en avant les initiatives d’associations et de porteurs de projet. De nouveaux rendez-vous BtoB (de 10 h à 17 h) permettront aux entreprises, acteurs publics et professionnels de la RSE d’échanger lors de rendez-vous de 25 minutes. Des expositions d’associations et un couloir immersif pour une expérience sensorielle et sonore complètent le programme. L’entrée est gratuite, rue du Mas de Grille à Saint-Jean-de-Védas, avec plus d’informations sur lemondenouveau.fr.
Face aux fake news et à l’avenir, un optimisme mesuré
Sur la présidentielle, Virginie Hilssone-Lévy anticipe « un gros travail sur toutes ces idées reçues » et les fake news, notamment sur l’énergie. Elle critique les chiffres avancés sur le tout-nucléaire, rappelant qu'« une centrale nucléaire s’arrête en pleine canicule » et que le mix énergétique est « plus qu’important en France ». Elle dénonce aussi une fausse information selon laquelle les éoliennes seraient « arrimées à des moteurs thermiques » et ne fonctionneraient que « 25 % du temps », qualifiant cela de « complètement fou et faux ».
Malgré tout, elle se dit optimiste : « Quand j’ai commencé en tant que journaliste météo et climat, je pense qu’il n’y avait pas autant de mouvements, de marches pour le climat comme il y a eu le week-end dernier ». Elle souligne la présence accrue d’associations, de jeunes engagés et d’entreprises. « Le changement peut venir par le bas, c’est un mouvement collectif », ajoute-t-elle, citant l’exemple d’Amsterdam : « c’est parce qu’il y a une personne qui a pris un vélo un jour à Amsterdam qu’aujourd’hui, il y en a plus que de voitures ». Un message d’espoir pour un avenir qui, selon elle, dépendra de la cohésion sociale et du désir profond de changement.