Mende : trois hommes condamnés pour violences et extorsion sur un handicapé
Mende : trois condamnés pour violences sur un handicapé

Le tribunal judiciaire de Mende a condamné, mardi 29 septembre 2026, trois hommes impliqués dans une affaire de violences sur personne vulnérable, d'extorsion de fonds et de trafic de stupéfiants. Les faits, survenus le 17 septembre 2026 à Mende, ont conduit à des peines allant de 12 à 24 mois de prison, dont une partie ferme.

Des violences liées à une dette de cocaïne

Les trois prévenus, âgés de 18, 20 ans et un troisième protagoniste, ont comparu ensemble. L'un d'eux, âgé de 20 ans, était déjà impliqué dans une affaire de trafic de stupéfiants, ce qui a conduit à la jonction des deux dossiers. Une perquisition à son domicile a permis de retrouver de l'argent ainsi que diverses drogues : cannabis, kétamine et cocaïne.

Cette activité illégale est à l'origine de la seconde affaire. Les trois hommes se sont présentés au domicile d'un « client » qui devait de l'argent pour de la cocaïne. Le vendeur exigeait 1 000 €. La victime, handicapée et placée sous curatelle renforcée, a été la cible de violences physiques et psychologiques en réunion.

La mère de 83 ans poussée à retirer de l'argent

Le trio a appelé la mère de la victime, âgée de 83 ans, pour lui réclamer le règlement des dettes de son fils. Elle raconte s'être garée sur le bord de la route pour prendre un appel de son fils, mais en réalité, c'était l'un des trois hommes qui lui demandait 1 000 €. En fond, elle entendait son fils crier et des bruits évoquant des coups.

La dame s'est rendue à un distributeur automatique, où son fils et un prévenu l'ont rejointe. Un deuxième était à proximité, le troisième était resté au domicile du fils. Elle a retiré le maximum autorisé par son plafond, soit 300 €, et les a remis à son fils, qui les a transmis à son « créancier ».

« Peu importe qui a fait quoi »

Devant le tribunal, les débats ont tenté d'éclaircir le déroulement des faits, notamment l'implication de chacun. Étaient-ils conscients du handicap de la victime ? L'ont-ils enfermée chez elle ? Qui a porté les coups ? Que s'est-il passé après le retrait ? La mère n'a pas réussi à joindre son fils le lendemain, et l'a retrouvé avec des hématomes à la tête, sur les bras et sur le corps.

« Nous avons une seule et même scène de violence, peu importe qui a fait quoi », a estimé la procureure. La victime, toxicomane, a reçu 6 jours d'ITT. « Il a peur, il ne veut plus rentrer chez lui », a exposé son avocat, Me Alain Dibandjo. Il est aujourd'hui hospitalisé.

Peines prononcées et indemnisation

Le premier prévenu, également visé pour trafic de stupéfiants, a été condamné à 24 mois de prison, dont 12 ferme, avec maintien en détention. Son frère et le troisième protagoniste ont été condamnés à 12 mois ferme, sous bracelet électronique, avec diverses obligations. La partie civile recevra 1 000 € au titre du préjudice moral et 300 € au titre du préjudice financier.