Gérald Darmanin sous pression annonce une revue des plaintes pour enfants
Darmanin sous pression annonce revue des plaintes enfants

Gérald Darmanin sous pression après le meurtre de Lyhanna

Le ministre de la Justice Gérald Darmanin se trouve dans une position délicate après le meurtre de la jeune Lyhanna, une collégienne de 11 ans retrouvée morte dans le Gers. Pris en étau entre une gauche qui réclame sa démission et une droite qui dénonce le laxisme des magistrats, il tente de naviguer avec prudence.

Une revue des plaintes pour enfants annoncée

Interrogé sur LCI dimanche, M. Darmanin a annoncé qu'il demanderait aux procureurs généraux de reprendre « l'intégralité des plaintes qui touchent les enfants », soit environ 70.000 dossiers, d'ici au 14 juillet. Il a prévenu qu'il ne partirait pas en vacances et qu'aucun haut magistrat ne le ferait tant qu'il n'aurait pas reçu un par un les procureurs généraux pour faire le bilan. Une réunion est prévue lundi matin à la Chancellerie.

Reconnaissant « des défaillances graves » dans l'affaire Lyhanna, le garde des Sceaux a promis de rendre public le rapport de l'inspection qui « dira qui sont les responsables ». Des sanctions sont « possibles » et « prévues par la Constitution », a-t-il averti, précisant qu'il avait le droit de proposer des sanctions contre les magistrats du parquet, allant jusqu'à la révocation.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un exercice périlleux entre pressions politiques

Gérald Darmanin était déjà monté au front vendredi soir au JT de TF1 pour défendre son action et exposer les limites auxquelles il est confronté. L'Union syndicale des magistrats (USM) a compté « 42 circulaires et 72 dépêches depuis 2025 » sur des thématiques prioritaires, sans se demander si les services ont la capacité de les intégrer, selon son secrétaire général adjoint Aurélien Martini.

Le ministre doit donner des gages en pointant la procureure d'Auch et en menaçant de sanctions disciplinaires avant même les conclusions de la double mission d'inspection justice-gendarmerie demandée par le Premier ministre sous 15 jours. Il cherche ainsi à préempter le débat à droite, où la dénonciation du laxisme des magistrats est de mise.

Le patron des Républicains Bruno Retailleau a appelé dans Le Parisien au remplacement partiel du Conseil supérieur de la magistrature par une « cour disciplinaire » composée de citoyens. Le député RN Jean-Philippe Tanguy a renchéri sur France Inter, appelant à une « bataille politique ». En campagne présidentielle, Édouard Philippe et David Lisnard ont critiqué le Syndicat de la magistrature, que M. Lisnard souhaite « interdire ».

Des appels à la démission venus de la gauche

À gauche, Mathilde Panot a appelé à la démission de M. Darmanin sur LCI, dénonçant une « clochardisation de la justice ». Le secrétaire général du PS Pierre Jouvet a déclaré sur France 3 qu'à la place du ministre, il aurait remis sa démission au président. L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a appelé à ne pas chercher un « bouc émissaire », estimant que c'est « toute une société » qui est en cause.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale