Mort de Lyhanna : Darmanin ordonne une revue de 70 000 plaintes impliquant des enfants
Darmanin ordonne une revue de 70 000 plaintes enfants

Le ministre de la Justice français Gérald Darmanin a annoncé dimanche 7 juin qu'il allait demander aux procureurs généraux de reprendre « l'intégralité des plaintes qui touchent les enfants », soit environ 70 000 dossiers, d'ici au 14 juillet. Un travail de titan.

Un appel à la mobilisation générale

« Je ne partirai pas en vacances » et « il n'y a pas un haut magistrat qui va partir en vacances » tant qu'il n'aura pas reçu « un par un les procureurs généraux » pour faire le bilan, a encore prévenu sur LCI le garde des Sceaux, qui réunit lundi matin à la Chancellerie les procureurs généraux.

Lutter contre les dysfonctionnements de la justice

Ces déclarations sont faites dans le sillage de l'affaire Lyhanna, considérée comme emblématique des dysfonctionnements de la justice. Le nom de Jérôme B., mis en examen pour enlèvement et séquestration dans cette affaire, était en effet déjà connu de la justice. Entre 2017 et 2025, cet homme avait été visé par deux plaintes pour viol sur mineures et de nombreux signalements. Pour autant, il n'avait fait l'objet ni de condamnation, ni de mesure d'éloignement dans le cadre de ces procédures, dont l'une est toujours en cours. Jérôme B. n'avait d'ailleurs toujours pas été interrogé dans le cadre de cette dernière plainte, déposée en août 2025.

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« On a failli »

Le Garde des Sceaux s'est dit « terrifié par un tel dysfonctionnement ». Vendredi soir, sur TF1, il a présenté ses excuses à la famille de Lyhanna, ajoutant : « On a failli dans le suivi des plaintes. J'en tirerai toutes les conséquences. » Avant de conclure : « Si jamais les intuitions qui sont les miennes […] sont avérées, je proposerai évidemment des sanctions pour des défaillances, des fautes professionnelles. L'indépendance des magistrats, ce n'est pas l'irresponsabilité. »

La réaction des procureurs

De leur côté, les procureurs ont appelé à ne pas pointer du doigt hâtivement : les « responsabilités ne peuvent être mentionnées » et « encore moins » sanctionnées à ce stade, ont martelé dans un communiqué commun, la Conférence nationale des procureurs généraux (CNPG) et la Conférence nationale des procureurs de la République (CNPR). Ils soulignent en outre un manque de moyen chronique de l'institution judiciaire : la France a ainsi quatre fois moins de procureurs que la moyenne européenne, ce qui la positionne à la 43e place du placement… Sur 44. Un argument que le ministre de la Justice comme le président de la République ont écarté, affirmant que les manquements dans le traitement des plaintes qui visaient Jérôme Barella « ne sont pas dus à un manque de moyens ».

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